Kolkata – Chiang Mai
Mercredi 23 octobre 2013.
Kolkata – Chiang Mai / 1176 km.
5h de décalage horaire.
Bonjour à tous.
Il faut que je vous parle tout d’abord de mon repas de hier soir. Vous avez été plusieurs à trouver la bonne réponse. Un grand bravo. Vous avez deviné pour le Swissôtel et en avez conclu que ce serait une fondue. C’était tout juste. Oui, j’adore la fondue. J’ai été invité par le Général Manager à déguster une succulente fondue aux bolets. Cela m’a fait super plaisir. Encore un très grand MERCI Monsieur Saxer et encore bravo pour la manière exceptionnelle dont votre hôtel est tenu.
Réveillé à 4 h. Impossible de me rendormir, je me lève et regarde dehors la pluie tomber. La météo n’est pas excellente sur tout le début du parcours. Mon ami Helmut qui vient de rentrer (il est plus d’une heure du matin en Autriche) répond à un mail que je viens de lui envoyer et me conseille très gentiment de partir sur la mer pour éviter les cumulonimbus (CB), ces nuages très violents que même les avions de ligne évitent. Il est passé par là l’année dernière lors de son tour du monde en WT9. Je réponds à quelques mails puis pars pour l’aéroport. Formalités de sortie d’Inde. À l’entrée à Ahmedabad j’avais dû préciser si j’avais une montre, un appareil photo, une caméra, le nombre de litres d’essence dans mes réservoirs, de litres d’huile dans le moteur. Authentique ! Je ne me souviens plus si j’ai déclaré mes 2 GoPro. Je ne les déclare pas à la sortie et ça passe. Taxes tout compris 620 $ + 675 $ pour 200 litres d’Avgas.
Je remplis mes ailes et mets 50 l dans mes réservoirs souples. Ce devrait me permettre d’aller jusqu’à Pattaya.
Décollage en 01R, virage à droite, je monte à 9000 pieds. Je prends des photos et je filme à la demande de mon ami André.
Juste après le décollage.
Je retrouve le Gange qui se jette dans le golfe du Bengale.
Puis le temps se gâte, la visibilité diminue et je finis par ne plus rien voir du tout. C’est assez désagréable, je ne sais pas si j’au une possibilité de me retrouver soudain dans un gros cumulus. Je suis prêt, dans tous les cas, à tout couper et à descendre très rapidement pour me dégager au besoin. J’ai tout bien arrimé, je ne tiens pas à vivre la même expérience que mes amis de Spirit of Nouméa qui lors d’une très forte turbulence avaient vu leur appareil photos heurter très violemment la verrière. Celle-ci avait été fendue et alors qu’ils étaient déjà en Grèce, ils avaient dû remonter jusqu’à l’usine en Slovaquie pour la faire changer. La visibilité s’améliore. J’aperçois bientôt les côtes birmanes.
Les paysages sont magnifiques.
On veut me faire suivre une route presque plein sud qui va à nouveau me faire faire un gigantesque détour. Je prétexte qu’il y a des nuages qui m’empêchent de suivre ma route. Ca passe. J’aurais dû faire ça plus tôt. Le temps s’améliore mais cela ne dure pas longtemps. Un énorme CB me barre la route, je dois changer de cap. Je me retrouve très vite emprisonné par les nuages et je dois continuer à monter et slalomer pour poursuivre ma route. J’aperçois soudain un trou à l’intérieur d’un très gros cumulus. Je vire et me précipite dans cette bouche béante en espérant qu’elle ne va pas se refermer trop rapidement. A cet instant, le contrôle me demande à quelle distance je suis du point BGO, je les envoie presque balader. I call you back. Il fait très sombre, il pleut, je me fais secouer, je réduis la vitesse et soudain la lumière jaillit, je suis dehors et je peux reprendre mon cap. Un gros ouf !
Un petit lac en forme de coeur.
Ce n’est pas fini, les nuages sont partout. Je suis fatigué, c’est stressant de ne jamais savoir ce qu’il y a derrière. À 1 h 30 de ma destination, c’est un mur qui se dresse devant moi, j’ai perdu le contact radio. On est mal.
Je regarde quels sont les aéroports sur ma route. Je trouve la fréquence sur mon Garmin et j’appelle. On me répond et on insiste pour que je garde mon altitude. OK, well copied.
Le ciel est tout noir devant moi. J’essaie de trouver un passage au milieu d’une grosse averse. Impossible, c’est un rideau noir impénétrable. Les sommets en-dessous sont à 6000 pieds. Impossible de descendre. Je choisis de la longer par la gauche. Je finis par la contourner et retrouve un peu de ciel dégagé. Cela ne dure pas. D’énormes nuages me barrent à nouveau la route. Je dois à nouveau slalomer entouré de ces masses gigantesques qui cherchent à m’engloutir. Je passe la frontière thaï.
Plus que 45 minutes. Le ciel se couvre à nouveau, je dois descendre. Le contrôle de Chiang Mai me demande de ne pas descendre en-dessous de 9000 pieds. J’attends, c’est bouché en dessous. Je ne peux plus descendre. Je suis à 3 minutes de la verticale lorsque j’ai enfin un trou. Je tombe à 2500 pieds / minute sur ma vent arrière main gauche pour la 36. C’est le vol le plus difficile que j’aie jamais fait. Je suis mort et je remercie mon ange gardien et la main invisible de m’avoir amené jusque là. 5 h de vol.
Quel bonheur ici de voir tout le monde sourire. A la douane, en arrivant à l’hôtel. Les gens sont gentils, il n’y a pas de klaxon, c’est propre. Quel beau pays !
Et voilà ta vidéo mon André.







Re coucou,
Ton vol a du être éprouvant, repos bien mérité.
Joëlle dit que les thaïlandais sont vraiment accueillants et gentils.
Merci pour la proposition de vol, je ne vais pas dire non, ce sera avec grand plaisir, le problème c’est que Joëlle aimerait beaucoup également! ;-))
Si jamais elle ira sur l’aile!
Bonnes visites!
Joëlle et Sébastien
Merci les jeunes. Le repos sera de courte durée, je repars demain pour Pattaya. Oui c’est un peuple d’une gentillesse incroyable. J’adore ce pays.
Non je refuse de la mettre sur l’aile, nous ferons 2 vols. Pas de souci.
J’espère que vous vous éclatez ! De la plongée, du snorkeling ?
Amitiés.
salut, j’étais en attente de ce mail – j’ai transpiré en te sachant dans les nuages et surtout des cumulus. c’est effectivement le stress total sans savoir ce qui viendra et en plus les vents violents. ta video est parlante, effectivement tu ne peux pas tirer le frein à main et t’arrêter sur le bord de la route.
Encore une fois un super bravo. Pour le pays c’est le bonheur total.
traduction d’un proverbe allemand – quand les anges voyagent le soleil sourit,
j’espère de tout coeur que ce sera comme cela pour la suite du voyage
rappel – il n’y a pas de bon pilotes seulement de vieux pilotes reste en vie SVP
amitiés
jc
Salut mon Jean-Claude,
Oui c’était chaud. Cela m’a rappelé notre vol vers Friedrichshafen lorsque nous longions l’autoroute entre Berne et Zurich à à peine 300 mètres sol sous les nuages et la pluie. Sauf que hier ça a duré presque tout le vol. Parfois on n’a pas vraiment le choix. On y est, il faut y aller car derrière ce n’est pas forcément meilleur. Il faut « faire sa route », décider, être patient, avoir suffisamment de carburant (tellement important sur ce genre de vols, c’est la vie !), essayer et essayer encore jusqu’à ce que ça passe. Ou alors on ne vole pas lorsqu’il ne fait pas beau !
Très, très joli ton proverbe allemand. Merci.
Je garde le rappel en mémoire.
Amitiés.
sa wat dii khrap et khop khun khrap pour ton merveilleux blog jc
Ca veut dire « félicitations » ?
Ils sont tellement adorables avec leur manière de parler ici. La petite nana de la réception que j’ai filmé hier m’a accueilli avec le sawadikaaaaaaa. C’était tellement plein de gentillesse, de sincérité et de générosité ! Touchant. Je lui ai demandé si elle pouvait le refaire pour que je la filme mais elle ne l’a pas refait aussi bien. Pas grave !
J’ai lu, j’ai vu et je ne me sens pas très bien. Le texte fait peur et la vidéo me coupe la respiration, présumant encore que les plus sales moments n’ont pas été filmés, 2 mains n’étant pas de trop pour voler dans ces conditions. Merci de l’avoir fait malgré tout.
Tu m’as tout de même sourire avec le cap au sud refusé. Bon pilote courageux, tu es, mais en plus malin comme un singe. Tu vas tout réussir, je le sens, même s’il ne faut pas brûler tous ses droits à l’erreur.
Avec toute mon amitié.
Toi tu es un comique. Tu me fais chaque fois rire à la lecture de tes messages. Tu as tout compris. Lorsque c’était très chaud, je n’ai pas pu vraiment filmer désolé. Je vais essayer de trouver une solution pour la prochaine, si il y a. C’est drôle d’ailleurs car à un moment je suis passé dans un nuage 10 secondes et au lieu de filmer j’ai merdé et appuyé sur le bouton photo ce qui fait que j’ai une photo toute blanche alors que je voulais l’entrée et la sortie du nuage.
Bref, désolé de te faire transpirer. As-tu un bon déo sinon je peux t’en recommander un ?
Alors pour tout te dire, même pas malin comme un singe, j’écoute juste et j’apprends. C’est suite à ma rencontre avec Charlotte et à notre discussion. Je lui demandais si elle avait souvent à faire demi-tour et à aller poser sur un autre aérodrome que celui de destination. Elle me racontait que pour poser à Katmandou il n’y avait qu’un point d’entrée à cause des montagnes et que si c’était bouché tu pouvais oublier. Elle me disait qu’en temps que commandant de bord, elle prenait parfois des décisions sans toujours attendre le ok du contrôle car ils tardent souvent à répondre soit pour monter, descendre ou changer de cap. Nous sommes aussi des commandants de bord à notre échelle et je n’ai plus envie de subir. C’est la revoluçion ! Hier j’ai été sans contact radio durant les 3/5 du vol mais je me disais que j’avais peu de chance de croiser un avion de ligne à mon altitude et au milieu de ces énormes cum. En outre plusieurs fois ils m’ont demandé de prendre un certain cap et j’ai dit que ce n’était pas possible à cause des nuages, ce qui n’était pas à chaque fois vrai !! J’ai traversé des zones interdites mais je n’ai eu aucune réclamation. Finalement j’ai entendu beaucoup d’avions hier demander des changements de caps et d’altitude à cause de la météo. Donc je n’étais pas tout seul.
A suivre. Mais n’aie crainte, je tiens plus à la vie que quiconque.
Alors la, pas d’Indy, pas de chouchou!! Je suis fâchée avec toi, tu fais des bêtises, tu souries sur ta vidéo mais je suis sûre que t’as mouillé ton tee-shirt…et le reste aussi d’ailleurs!!Les petits nuages cotonneux c’est joli mais c’est dangereux…bon, heureusement t’es arrivé entier, sinon, je crois que je te frappe!! Profite bien de la Thaïlande et arrête de faire des folies…Bisous
Non mon Chouchou pas des bêtises c’est juste qu’il fallait avancer. Ton homme serait devenu fou hier. Je me suis filmé en début de vol après je souriais plus crispé, c’est certain.
J’espère que vous allez bien. Je vous embrasse.
Ton vol me fait ressortir le souvenir d’un vol dans ces conditions entre Cagliari et Fes on est contant quand on pose les roues
Récupère bien
Epaté par la vitesse a laquelle tu progresses sur la mappemonde.
A ce rythme tu seras rentré pour noël Magellou.
t’aurais du garder ton P92, pour tenir les 9 mois…
tu vas trop vite.
ceci dit beau récit de vol chaud les marrons, comme tu sais si bien les gérer.
tout avec toi
Frankie
Mais mon Franckie, quel honneur de te trouver ici. Merci de te signaler. J’espère que tout va bien. Heureusement que tu n’es pas avec moi car toi tu serais déjà en Australie avec ta fusée.
Figure-toi que j’ai pensé à toi hier, je me suis demandé ce que tu aurais dit, je t’assure que c’est vrai. Comme lorsque nous étions rentrés de je ne sais plus où et que tu m’avais fait faire le tour de la Haute Savoie pour rejoindre Bellegarde !! Là tu serais devenu fou. Il fallait y aller, ce n’était pas facile. J’allais dire : on s’en sort toujours. Mais ce n’est pas toujours vrai !!
Mon ange gardien veille et j’ai le meilleur du monde.
Je t’embrasse.
Effectivement sur la vidéo on imagine quelques « branlées « …comme en delta ?
Après ta fondue, j’espère que tu profiteras de la succulente cuisine thaïlandaise.
La découverte de cette région va te permettre de continuer à nous envoyer de magnifiques photos.
C’est toujours un plaisir de partager tes émotions.
Amitiés
Salut mon cher Yves,
Merci pour ton gentil mot.
Oui c’était comme en delta lorsqu’il y avait du foehn. Effectivement.
Je me souviens aussi que tu avais fait tout ce coin lorsque tu étais jeune et beau. Maintenant tu n’es plus que beau. Eh oui, on n’a plus 20 ans. Quel dommage !
Tu avais fait le triangle d’or. C’est drôle comme certaines choses vous restent. Tu nous racontais et je m’en souviens comme si c’était hier. Marrant !
Avec toute mon amitié et tout plein de bons souvenirs de notre jeunesse.
Eric
je te suis tous les jours grace a tes e mails et suis tres impressionne par ce parcours
je pense bien a toi et a cette experience unique que tu vis.
fais bien attention a toi et bonne continuation.
Fouad
Salut mon Fouad,
Merci pour ton gentil message. J’ai bien pensé à toi le matin où tu rentrais. Merci encore pour cette soirée très sympathique. Ca l’est toujours avec toi de toutes façons !
J’essaie de savourer mais ça va trop vite et il y a trop de choses en même temps. Je relirai mon blog une fois de retour lorsque je serai en EMS.
Je t’embrasse et fais une grosse bise à ta délicieuse épouse.
Congratulation my dear fiend to this demanding and exhausting flight you have done so well. Its impressive to see that this cloud you flew in your video direct through can stand in the same shape and posission for more than one year. Last year when I flew there i flew exactly through the same cloud there. You have now passed one of the most difficult part of your trip, now comes the intertropical convergencezone and then you are in Australia. Enjoy the nice people in Thailand, its really nice to stay there.
I wish you all times blue sky, dears
Helmuth
Thank you my dear Helmut for your encouragements and your support. I knew this was « THE » difficult part to cross. And it is not finished. But such a mass of clouds and of so huge dimensions. Not so frequent although I have crossed the Alps many, many times. They are also more frightening here. I don’t know why.
The 2 Italian guys going to Australia had to land in emergency yesterday in Krabi because of very bad weather conditions, my handling agent taking care of them here too told me.
Yes I love this country and these people and I know you too !!
You should have come here instead of New Zealand !!
With warm regards,
Eric
Cher Monsieur Guilloud,
vous etes en ce moment dans mon futur pays, mon dieu que ce magnifique pays et ces magnifiques personnes me manque !
mangez un Kao PAk Kai pour moi (-;
Prenez soin de vous et comme ils disent labas Lagone Kap.
Bonjour Monsieur Veillet,
Merci pour votre message.
Il se pourrait que votre futur pays soit aussi bientôt le mien. A réfléchir !
Dans tous les cas j’adore. Une telle gentillesse, aucune agressivité, du calme, de la sérénité, ce sont des gens magnifiques.
Je mangerai un Kao Pak Kai. Promis !
Amitiés.