Kuala Lumpur – Jakarta
Samedi 2 novembre 2013.
Kuala Lumpur – Jakarta / 1201 km.
J’ai rendez-vous, toujours au même endroit, avec Faizal, le sosie de Fernando Alonso. Il porte en plus une casquette rouge à l’emblème de la Scuderia. Je vais tout de suite au bon aéroport ce matin. Bon élève Guilloud. Quand on lui explique les choses, il comprend assez vite !
C’est l’anniversaire de mon plus vieil et cher ami aujourd’hui. J’avais 14 ans lorsque je l’ai rencontré et nous avons fait les pires bêtises ensemble. Je n’en dirai pas plus. C’est à lui Patrice, surnommé Bigou, que j’ai fait, bien involontairement, la peur de sa vie. Nous étions partis avec mon WT9, que je venais de recevoir, début mars de cette année, pour le Cap Vert et nous avons eu de gros cafouillages moteur avec perte de puissance alors que nous étions sur la mer à 25 nautiques des côtes sans canot de sauvetage, juste avec des gilets. Un filtre à essence presque bouché. Vous trouverez le récit de cette aventure sur ce site (voir voyage Cap Vert). Bon anniversaire mon Bigou.
Formalités très rapides ici. Trois copies de General declaration + un tampon dans le passeport. C’est étonnant comme cela peut être simple et comme certains peuvent faire compliqué (comme en Inde par exemple).
Je sors mon bébé. Ismail est venu spécialement pour me dire au revoir. Je le remercie encore très chaleureusement. Hier il me racontait que c’est assez libre ici. Il voyage beaucoup en Lear jet et il me disait que ça lui est arrivé de s’amuser à survoler la mer à 300 pieds sol. C’est une chose que j’aurais bien aimé tester.
La 15 en service. C’est exactement mon cap. Il y a malheureusement l’autre aéroport de Kuala Lumpur droit sur ma trajectoire et je dois maintenir une altitude de 1000 pieds et le contourner de 20 nautiques. Plus loin il y a l’aéroport de Malaka qui m’impose également de rester à 1000 pieds sol.
Je suis finalement autorisé à monter au niveau 90. Le ciel est très couvert et la visibilité médiocre. Puis ça s’améliore avant de redevenir mauvais. Cela a été ainsi durant tout le vol.
Par la suite je dois monter pour passer des nuages heureusement en trouvant du vent arrière. Je retrouve une couche très soudée à 2h30 de l’arrivée.
Finalement à part le problème météo qui est délicat partout dans le monde, il n’y a rien d’exceptionnel à voler ici pour autant que l’on se débrouille en anglais. Si on a le temps, qu’on n’est pas pressé et prêt à attendre les bonnes conditions, c’est parfaitement faisable par tout le monde et je vous encourage à prendre votre bâton de pèlerin Mesdames, Messieurs les pilotes, car c’est fantastique de parcourir le monde ainsi. Important : il convient d’abord de faire quelques économies avant de partir ! Commencez en Europe, il y a déjà de très belles destinations pour se faire la main.
Pour ceux qui ne me connaissent pas personnellement, je dois vous dire que j’ai perdu un immense ami le 14 juin 2012 dans un accident de planeur. J’étais sur place, à Challes les Eaux, avec son amie, il a décollé devant nous, est monté, a rejoint d’autres planeurs qui prenaient des ascendances sur une falaise, est entré en collision avec l’un d’eux, qui n’a rien eu, a perdu une aile et s’est écrasé 150 mètres plus bas. Le tout a duré à peine 15 minutes. Il était là bien vivant puis il n’était plus avec nous. C’était terrible, dramatique, horrible, j’en ai les larmes au yeux en écrivant ces mots. Je suis infiniment triste de ne plus pouvoir partager plein de choses avec toi Eric. Ce voyage c’est aussi pour toi que je le fais.
Je me suis permis de pleurer durant 2 minutes, pardonnez-moi. Mes filles vont me féliciter. Ca m’a fait beaucoup de bien d’être en contact avec lui, de lui dire mon chagrin et combien il me manque. Je suis un grand sensible, ne l’oubliez pas !
Cet accident et le perte de cet ami si cher m’a fait réaliser combien la vie est fragile. Elle peut s’arrêter d’une seconde à l’autre. C’est bien de gagner de l’argent mais encore faut-il pouvoir en profiter. C’est ce que j’ai décidé de faire.
J’ai ensuite des problèmes de transpondeur. Le contrôle me voit sur 2304 alors que je suis sur 2104. Nous faisons de nombreux essais, même l’altitude ne correspond pas. Ils me voient 400 pieds plus haut sur le radar. Bizarre. Je ferai vérifier ça à Bali.
Le contrôle de Palembang me demande soudain quel est le propriétaire de l’avion et le nom de la compagnie. Je manque d’éclater de rire. C’est la première fois qu’on me la fait celle-ci ! Je lui réponds que je suis le propriétaire of my little baby. Il insiste pour avoir mon nom. Je le lui donne.
A une heure de ma destination je m’engage sur la mer pour une petite traversée. Le contrôle de Palembang me fait changer de cap. Je perds le contact avec eux et profite pour reprendre mon cap direct. Je retrouve un contact radio et on me fait à nouveau partir sur ma gauche. Quelle misère ! Je trouve l’excuse d’un gros cumulonimbus pour tricher un peu même si ce n’est qu’un cumulus.
Je rejoins finalement la côte indonésienne.
On m’amène sur une très longue finale 24 durant laquelle je suis étrangement très chahuté.
Atterrissage sans problème. 5 heures de vol.
Je rejoins mon hôtel. La circulation à Jakarta est infernale.
Tout le monde m’attend pour :
MON MARIAGE. Je voulais vous faire la surprise. Je me marie avec Vinke. Les photos de la noce dans mon article de demain.
Tous mes amis se sont manifestés avec de touchants messages.
Passage de l’équateur aujourd’hui. Je suis dans l’hémisphère sud.
Etrangement je suis revenu en arrière d’une heure. A nouveau plus que 6 heures de différence avec vous.
Il n’y a pas grand chose, pour ne pas dire, rien à voir à Jakarta. Je m’envole demain déjà pour Bali.








Enfin j’ai réussi à me connecter. Bien belles images de votre périple jusqu’aux Marquises. Parlez nous de votre destrier en termes de Puissance affichée, Tours/min, Consommation, Autonomie, Equipement radio, GPS, Pilotage, si cela est possible. Merci.
Bonjour Michel,
Merci pour votre message et bienvenue parmi nous. C’est très sympa tous ces gens qui participent ainsi avec des petits mots.
Ne me parlez pas de mécanique et de performances, je n’y connais rien du tout et ce n’est pas du tout mon truc. J’ai toujours détesté les maths, je suis bien meilleur en langues par contre. J’ai détesté la théorie ULM et ai tout oublié le lendemain de mon examen pour ne pas dire le jour même. Ce n’est pas avec ce qu’on apprend que je peux faire ce voyage. Ce qui est grave, c’est qu’on ne nous apprend pas ce qui est important. 100 chevaux, 5000 t/m. Je dois consommer environ 16 – 18 litres, j’ai 200 litres embarqué, une radio, 2 Skyviews, 1 Garmin 795, pilote auto, voilà.
Très cordialement.
Eric
Merci de ces précisions. Bons vols.
Bonjour Eric,
C’est la première fois que j’écris sur ton forum mais je suis tes aventures quotidiennement. Tu me fais rêver…Pilote comme toi je ne me suis éloigné de la France qu’à petits pas, en grande partie à cause de la barrière de la langue. Néanmoins je progresse et je vais suivre tes pas au printemps en m’inspirant de ton voyage Espagne/Portugal mais en évitant les taxes d’atterrissage trop salées !
Concernant ta machine il m’a semblé que tu avais un excellent moteur…as tu calculé ta consommation depuis que tu es parti ?
Si tu veux plus de détail sur mon appareil et mon aérodrome, connecte toi sur notre site : http://www.domainelatuiliere.fr
A bientôt
Sylvain
salut, ce matin j’étais sur mon ipad à 7.45 local pour voir si tu étais bien arrivé. OUI bravo, j’ai vu tes niveaux de vol, oxygène sur les grandes distances ?. tes plans de vol sont-ils préparés avec les cartes IFR low altitude ou bien tracés au GPS en direct sauf certains points de report obligatoires. Bon vol pour Bali. Le bouchon d’huile est il OK. A bientôt jc
Re-salut mon Jean-Claude,
Merci pour ta fidélité, tu es un amour. Non je supporte très bien l’altitude. J’ai une bouteille d’oxygène mais je l’utilise seulement si je vais au-dessus de 18’000 pieds.
Alors j’ai très honte, tu vas me traiter de fou, je ne prépare rien du tout. Je n’ai pas sorti mes cartes IFR une seule fois ni utilisé le logiciel Jeppesen une seule fois (celui qui coûte 12’000 € et qui m’a été offert). Ce ne sont que des procédures IFR d’approche et de départ que je n’utiliserai jamais et que je ne comprends de toutes façons pas. J’ai mon AirNav Pro qui me donne les distances pour l’essence. Je regarde la météo et vogue la galère. Un grand malade !
Le réservoir d’huile a l’air de tenir même si j’y ai pensé à 3 reprises hier durant mon vol en me demandant ce qui se passerait s’il éclatait.
Nous verrons en Nouvelle Zélande lors de mon grand service s’il se déforme à nouveau.
Amitiés mon cher Jean-Claude.
Coucou mon Eric,
J’ai adoré la photo devant les tours Petronas, il y a plusieurs années, je les avais vues d’en bas mais il n’y a pas à tortiller, d’en haut c’est splendide.
La Thailande, Malaysie, Bali, toutes des destinations magnifiques que j’ai adoré.
Ces vols sont plus beaux les uns que les autres. Tes photos permettent un peu de rever car chez nous la pluie est au rendez-vous et la saison des vols semble avoir touché à sa fin.
je t’embrasse
Rachel
Salut ma Rachel,
Merci pour ton message et ta fidélité.
Oui je m’éclate, c’est une expérience extraordinaire. Ca va trop vite, je vois tellement de choses. Il faudrait rester plus longtemps dans certains lieux aussi. Mais cela va déjà faire 8 mois donc c’est déjà long comme ça en restant 1 ou 2 jours à chaque endroit.
Je compatis pour le mauvais temps chez nous. En pensée avec vous.
Ton chéri est-il aussi sur une piste en herbe avec son VL3 ? Si ce n’est pas le cas vous devriez pouvoir voler toute l’année.
Je t’embrasse.
rebonjour, question – combien as-tu d’essence à bord au total, car je vois que tu aura un trip de 1828 km entre l’Australie et la NZ, combien consommes-tu à l’heure sans vent. répartition – 2 réservoirs d’ailes de combien, 1 réservoir dans la cabine – merci d’avance jc
Salut mon Jean-Claude,
J’ai 150 dans les ailes + 50 à l’intérieur et pour cette traversée, je vais me prendre 50 supplémentaires sur le siège passager au cas ou. Je les verserai dans le réservoir au pied du passager avec la branlette au besoin.
Voilà, tu sais tout.
ok merci pour l’info, fait gaffe aux vapeurs d’essence en altitude, bien ventiler l’intérieur. Pour l’oxygène selon l’altitude mettre une alarme assez souvent pour te rappeler à l’ordre si tu es en somnolence. amitiés jc
Je continue à suivre avec passion chacun de tes vols, en y prenant un grand intérêt et puis c’est pas du vol en lui même dont je veux te parler, mais de l’émotion provoquée par l’évocation de ton grand ami Eric, qui nous manque tous énormément.
J’ai du aussi essuyer quelques secondes de larmes à la manière dont tu as parlé d’Eric.
Et puis le souvenir des moments d’exception me revient : Pour moi c’est par exemple les vols juste au dessus des eaux du fleuve Comoé, en Cote d’Ivoire, mais largement en dessous du niveau des arbres, pour le plaisir de la trajectoire parfaite d’où l’erreur est proscrite.
Où comme cet été, de retour (en planeur) d’une magnifique incursion en Suisse, être pris dans des courants descendants au dessus de Chamonix, obligé de faire demi-tour sur Bex et puis, à la frontière Franco-Suisse trouver de timides ascendances qui nous permettent (je ne vole plus qu’en double) de regagner mètre par mètre les 3000m d’altitude nécessaires ce jour là au retour sur Challes, le danger maitrisé.
Et bien oui, tu vois, je vole toujours ceci pour répondre à un Post d’il y a quelques temps. En septembre je me suis offert 3 jours voltige sur Fox et ASK 21,c’est ma nouvelle passion, une sorte de calligraphie aérienne.
Arrêtons là pour féliciter les jeunes mariés.
Je te souhaite que des bons vols et puis continues à nous enchanter avec ton Blog.
Avec toute mon Amitié, Eric.
Merci mon cher Patrick pour ton touchant message. Bienvenue au club ! Content de voir que tu en fais partie. Je m’en serais douté et cela me fait plaisir. Je pense que la sensibilité est très importante. Elle permet des joies (mais aussi des moments de peine) plus profondes, plus fortes, plus sincères.
Merci pour tes descriptions de vol. Je m’y croirais. J’avais fait du planeur à Fayence lorsque j’avais 22 ans puis il y a 3 ans avec Eric à nouveau à Fayence. J’adore et j’envisageais de m’acheter également un Silent afin de voler à 2 avec lui comme nous l’avions fait si souvent en delta.
Bravo pour la voltige. Content que tu t’éclates.
Avec toute mon amitié.
salut mon reporter préféré! de te suivre et te lire me redonne un peu le moral l’envie…de me détacher de notre certes job passionnant mais un peu trop chronophage
L’aventure népalaise s’est poursuivie pour le reste de l’équipe avec un beau sommet à 5000m. Du fond de mon lit que de belles images pour que le rêve se poursuive…
bises bernard