Launceston – Hobart – Invercargill.
Mardi 3 décembre 2013.
Launceston – Hobart / 146 km.
Hier en fin de journée, après avoir publié mon article, je me penche sur la météo des jours à venir et je constate qu’il y aura du vent d’est durant les 7 prochains jours. Le seul jour avec du vent d’ouest c’est le lendemain, mardi. Il ne faut pas hésiter, tant pis pour la visite d’Hobart et du sud de l’île !
Branle-bas de combat, j’appelle la douane à Hobart pour les avertir de ma venue le lendemain à l’aube, j’envoie un mail à mon ami Bruce pour qu’il prévienne celle d’Invercargill (thank you a million times Bruce) et je dépose mes plans de vol jusqu’à Hobart puis jusqu’en Nouvelle Zélande. Je suis content car ainsi mes proches ne se feront pas de souci puisqu’ils apprendront ma traversée une fois effectuée. J’envoie un mail à l’agent de la NSA (le dénommé André) afin qu’il reste discret. Je reçois un mail de sa sœur qui a reçu un avis de vol de FlightAware et qui me souhaite une bonne traversée, sinon rien, personne d’autre n’a l’air d’être au courant et c’est tant mieux.
Après une courte nuit, je quitte l’hôtel à 6 h. Je m’arrête dans une station service pour acheter des réserves d’eau et de quoi manger. En cas d’amerrissage, il est important d’avoir au moins de quoi boire en attendant les secours. Je prépare mon sac étanche avec les choses importantes.
Décollage en 14 right, je monte à 3500 pieds. Le temps se gâte à l’approche d’Hobart.
C’était annoncé. Il y a heureusement des trous et je me pose en 12 après 35 minutes de vol.
Je fais les pleins, je remplis un réservoir souple avec 25 litres. Le monsieur du camion essence me montre un Airbus tout près. Il me dit qu’il aurait dû décoller ce matin à 5 heures pour le pôle sud avec atterrissage sur la banquise afin de récupérer une équipe scientifique dont le bateau est bloqué dans les glaces. Les conditions météo étant mauvaises, il doit attendre une amélioration.
J’ai oublié de vous dire que la douane de Darwin (ceux qui voulaient me faire des misères avec de la paperasserie inutile) a appelé le terrain où je me suis posé près de Melbourne en disant qu’ils voulaient me parler. Ils n’ont heureusement pas réussi à me joindre. Je me demandais donc comment cela allait se passer ici lors de ma sortie du territoire. 2 ans de prison pour grave délit ?? !!
Mais rien, j’ai présenté mon passeport, on m’a remis un certificate of clearance, le seul qui avait vraiment raison d’être puisque c’est un vol international, merci Monsieur, au revoir Monsieur.
Je parle 2 minutes à mon bébé en lui disant qu’il va avoir un long vol à effectuer et que ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas le moment de me laisser tomber.
Hobart – Invergargill / 1690 km.
J’avais annoncé un départ à 10 heures sur mon plan de vol en pensant que ces formalités allaient prendre du temps. Il est 8h40 lorsque je demande l’autorisation de mettre en route qui m’est immédiatement accordée. Sympa les australiens. Normalement j’aurais dû déposer un nouveau plan de vol. Décollage en 12 cinq minutes plus tard. Léger virage à gauche, je monte au niveau 95. Je quitte très vite la terre ferme et me voilà sur l’eau pour les 6 prochaines heures. Je sais que vous êtes très nombreux à m’envier, à adorer faire de longues traversées maritimes. Désolé, elle est que pour moi celle-ci !!
Le vent souffle comme prévu, fort. Au début c’est du 50 puis ça s’établit à 90 km/h. La vitesse suit, je passe de 300 à plus de 350 km/h par moments. Mon record est de 355, j’espère vivement le battre !
Je pense à mon ami Bernard qui me dirait que je suis un grand malade de voler si vite à cette altitude. En effet en cas de violentes turbulences, la vitesse maximale à ne pas dépasser étant de 280 km/h, cela peut briser l’appareil ou juste une aile mais cela reste ennuyeux !
Je te rassure mon Bernard, c’est de l’huile. Je ne vole pas, je glisse.
Il y a une couche bien soudée en dessous sur la plus grande partie du trajet. Je ne vois même pas l’eau !
Puis le vent diminue légèrement, ma vitesse aussi. On reste quand même au-dessus de 320, ce qui n’est pas négligeable. Une barre de nuages m’oblige à monter un court instant à 10’400 pieds puis je retrouve derrière le grand beau temps et la couche inférieure.
C’est vrai que c’est un peu stressant de s’imaginer une telle traversée. C’est tout dans la tête, comme pour beaucoup de choses. Il faut se raisonner, ne pas penser aux choses qui peuvent arriver, juste être prêt, au cas ou. Car après un moment, on n’y fait même plus attention. On surveille les cadrans et on se dit qu’il n’y a pas la plus petite raison qu’il y ait un problème.
Le vent diminue de plus en plus avec ma vitesse alors que mon temps jusqu’à destination augmente. C’est exactement ce qu’avait annoncé AeroPlus Weather. Je ne travaille pour ainsi dire plus qu’avec eux. On paie trois fois rien et l’on bénéficie de toutes les informations nécessaires dont le vent au sol mais surtout en altitude à 3000, 5000, 7000, 9000 etc. C’est vraiment important, pratique, utile et surtout fiable. Je le recommande.
Aucun contact radio durant tout le vol. Melbourne control ne s’est absolument pas préoccupé de quoi que ce soi. Je suis un peu surpris quand je vois à quel point c’est compliqué pour obtenir mon autorisation de survol pour la Polynésie. Cela fait 3 moins que j’ai demandé et je ne l’ai toujours pas reçue. On m’a posé 50 questions, j’ai dû signer une décharge comme quoi je prendrai les frais de recherche à ma charge en cas de problème car je n’ai pas de radio HF. Là, rien et silence radio.
J’aperçois enfin la terre, ça fait toujours très plaisir. C’est la fin des nuages.
Les montagnes néo-zélandaises, avec de la neige, quelle horreur. Moi qui ne voulais plus voir de neige ! Mais c’est très beau de voir la mer et ces montagnes derrière.
J’ai gardé une vitesse de plus de 300 durant la plus grande partie du vol, c’est incroyable.
La couche nuageuse s’arrête à la terre, il fait grand beau. Quelle chance !
Vent arrière, base main droite, atterrissage en 22 avec pas mal de turbulences.
5h35 de vol.
Dès maintenant 12 heures de décalage horaire !!






Bonjour Eric,
Bravo pour ta performance. Savoure bien cette belle expérience et cette réussite.
e t’embrasse. Marie-Odile
Merci pour ton gentil mot.
Ce n’était pas évident, ça s’est passé au-delà de mes souhaits, je suis super content. Beaucoup de réussite tu as raison. Pourvu que ça dure !
Je t’embrasse.
Magnifique. J’espère que tes filles ont bien dormi. Moi pas, coucher tard et lever très très tôt, cf. mon post précédent. C’est vraiment fatiguant l’aviation des autres. Du coup, je ne vais pas voler ce jour, mais probablement demain. Nous avons le même temps que toi à une différence près, soit – 3°ce matin !
Pour une fois, FlightAware n’a pas été la hauteur sur ce vol et je doute que cela fonctionne encore en Polynésie. On verra bien. Le tracking était parfait, heureusement.
Grosse amitié
Grace à toi tout le monde à bien dormi sans se douter. Merci Monsieur NSA. Vous êtes trop bon.
Si ça continue comme ça je vais finir par ne plus brancher le tracking. Dors mon ami, ça ne va rien changer. Le matin je serai bien arrivé et là tu étudieras les vitesses et altitudes tranquillement. STP, c’est important de te reposer, de dormir.
Merci infiniment pour ton soutien.
Un fois de plus félicitations.
Tes nav en fonction de la météo sont vraiment gérés de main de maître depuis ton départ.
Un néophyte pourrait même penser (et se tromperait lourdement) que, pour aller de l’autre coté de la terre en ULM, la météo est un problème accessoire en voyant avec quelle facilité tu avances.
Salut mon cher Philippe,
Merci pour ton gentil mot. J’ai beaucoup de chance et j’en ai toujours eu énormément. Je ne vais pas me plaindre. Et là tu vois à part le vol Kolkata – Chiang Mai qui était vraiment très difficile, j’ai toujours eu une super météo. Et j’ai eu le nez de partir hier, ça c’était LA bonne décision à prendre.
Amitiés.
c’est tout dans la tete….
faudra que je fasse remplir la mienne pour envisager la meme chose alors!
bonne NZ
Je te ferai un brainstorming personnalisé pour t’apprendre à être détendu sur l’eau dès mon retour, c’est promis !
Je t’embrasse mon Franckie.
Tcho bravo,
Ça va peut être te décevoir mais je savais pour la traversé … j’ai reçu le mail du plan de vol, OUI! Je suis inscrit pour les recevoir aussi.
Par contre j’ai qqchose à te confier je me suis endormi devant l’écran… il y avait pas grand chose à faire ni voir…
Grand saut au réveille ce matin vers 5:30 (Ici) est c’était fait.
Encore BRAVO!
Non ça ne me déçoit pas, au contraire, l’important c’est que tu ne l’aies pas crié sur les toits. Je n’aime pas qu’on se fasse du souci, doublement pour moi. En plus ça ne sert à rien.
Une fois encore va te coucher le soir stp.
Je t’embrasse.
Beaucoup d’humour ce matin sur le blog, c’est bien. Comme si tes amis étaient soulagés. Je me demande ce que va trouver TYB ! J’attends.
Oui c’est très sympa. Pas de nouvelle de TYB, bizarre !
Et moi j’ai passé la journée au travail à regarder Flight aware et ton tracking. Sympa quand Flight aware ne dit plus rien, heureusement que le tracking me laissait savoir toute les dix minutes ou tu étais. Domage que tu n’as pas pu visiter la Tasmania, bonne excuse pour revenir.
Merci Yves. Bizarre que FlightAware n’ait pas bien fonctionné. Je vais leur envoyer un mail pour leur demander s’ils sont actifs partout ou non.
Oui il ne me reste plus qu’à revenir. C’est prévu de toutes façons pour mes 2$50 à récupérer.
Amitiés.
Vite fait, bien fait…Super vol! Bravo! Je suis sûre que le séjour dans ce pays sera à la hauteur de l’exploit! Enjoy!
Tu es chou Nath. Merci. Me réjouis de découvrir ce pays. À suivre !
T’ES SUPER MEC BRAVOOOOOOOOOOO
302 kmh de moyenne il est à turbine ton ULM. Tu viens de me faire découvrir un nouveau site météo que j’ai chargé sur mon ipad. il a l’air super je viens le découvrir. Encore bravo pour cette longue traversée bien gérée pour la météo.
bon séjour en NZ
jc
Merci Jean-Claude pour ton gentil mot. Merci aussi d’avoir calculé la moyenne. Intéressant !
Content de t’avoir fait découvrir cet excellent site. Il faut juste payer pour le vent en altitude mais ce n’est pas grand chose et ça vaut la peine. Leurs prévisions sont pour ainsi dire toujours exactes.
Amitiés.
Un grand bravo pour ta traversée, et pour la mer d huile, comme l air, sans turbulences, sinon, avec un peu de colle, tu pourras toujours réparer, le mac gyver du carbone !
Amitiés
Merci mon Bernard pour ton mot. La mer n’était pas d’huile, même bien formée pour ce que j’en ai vu sur la fin mais l’air était calme quoique pas tout le temps. De très légères turbulences mais vraiment légères.
Dans tous les cas j’étais toujours prêt à tout couper. Tu m’as un peu traumatisé avec tes explications !
Amitiés.
Entre Vienne et Londres, une jolie pensée pour toi , Eric. Bravo pour l’exploit.
Je t’embrasse.
Salut la vacancière, tu as la belle vie toi !
Il y en a qui ont de la chance.
Bravo tu as bien raison. Profite !
Ce n’était pas du tout un exploit, tout juste un vol un peu plus long que les autres et sur l’eau de surcroit.
Je t’embrasse.
Et bien selon moi, c’est un exploit, et tu l’as fait : donc B R A V O !
Oui, je profite mais je pense à toi en train de découvrir tous ces paysages idylliques , et je me dis que oui, il y en a qui en ont de la chance !!!
Bisous !
Tu es chou. Merci Marion.
Oui c’est vraiment chouette de découvrir toutes ces merveilles. J’ai une chance infinie et je remercie très régulièrement le ciel et son habitant principal.
Je t’embrasse.
Salut Éric,
Quel vol, quelle traversée! Bravo pour ta gestion et ton calme sur cette longue étape.
Cela faisait longtemps que je ne t’avais plus lu. Nous étions partis en Birmanie et je n’avais pas pris mon i’Pad avec moi. Je viens de lire tous tes comptes rendus que j’avais manqué. J’en ai eu pour 2 heures de rattrapage. Tu me fais vraiment envie de découvrir l’Australe que je ne connais pas.
Continue de nous faire rêver. C’est fantastique.
Si ce n’est pas trop tard pour les t-shirts, S pour Silvana et L pour moi (j’ai mis un peu de gras…)
Biz
Bravo Eric
J’en reste ba ba
Amicalement
JM
Mais non, mais non, j’ai juste eu de la chance avec le temps et ce vent arrière !!
C’était un vol normal un peu plus long que les autres et sur l’eau mais j’adore l’eau !
Amitiés.
Alors la, chapeau bas. Il faut le faire celui-la ! Ça nous rappelle la traversée du Sahara. Le cadran qu’on regardait le plus, c’était la pression d’huile… Et toi ? Merci de nous appeler, ça nous a fait un grand plaisir de te parler… Bien du plaisir dans un pays ou il y a au moins 10 x plus de moutons que d’êtres humains !!!
Mais est-ce que les êtres humains ne sont pas de moutons ?
Salut mon Dom,
Merci pour ton message. Je n’y crois pas, tu as lu un de mes articles. 3 mètres de neige à venir très vite !!!
Je regarde tout sur mon écran très vite pour voir si tout est toujours dans le vert mais pas plus que ça la pression d’huile. Moi ça serait plutôt la pression d’essence car c’est avec ça que j’avais eu des problèmes avec le Bigou au Cap Vert.
On se refera un petit Skype à l’occasion.
Je vous embrasse.
Salut mon bébé chéri ❤️bravo c’est super on peut vraiment dire que tu n’as peur de rien et je pense que tous tes anges gardiens dont au rendez vous je t
Bon repos
Je viens dd voir les F18 de l’armée américaine.,.,.tu pourrais me faire le prochain vol sur le dos????je rigole
C’est une magnifique aventure que tu vis la!!!prends tu le temps de la savourer???
Merci ma Fanny,
On ne prend jamais suffisamment de temps pour savourer les bons moments de la vie. C’est dommage ! Je ne fais pas exception à la règle. Je vois trop de choses et je n’ai pas assez de temps.
Je t’embrasse.
Bonjour, Éric,
Ton vol m’a laissé coi, quoi… D’où mon silence’ « totally out of character » comme diraient tes nouveaux hôtes (les précédents aussi, d’ailleurs).
Coi et béat, même. Ce qui ne le donne pas forcément l’air plus intelligent mais ce n’est pas le problème.
Pour rire, j’ai essayé de calculer combien de temps — et de litres — il faudrait à ma machine pour faire ce vol et… j’ai fini en sanglots! Ça m’a fortement déprimé (largement au dessous des 990hpa)…
En plus, pendant que certains se la coulent douce, font leur courrier, prennent des photos entre deux siestes, le tout à plus de 300 à l’heure, d’autres, avec leurs deux petites mains gauches pleines de pouces, essaient de donner un air présentable à leur machine au moteur de Solex qui frôle le 110 dans ses bons jours, dans un brouillard picard à couper à la serpette, « porté à une température négative » (comme dirait mon boulanger qui essaie de cacher qu’il congèle ses gâteaux)…
La vie est mal faite.
Voilà… Je suis sorti de ma coitude (pas de tréma ici, hein André?) mais, toujours béat, je rêve du jour où, le Loto aidant, je pourrai faire ce même genre de truc, truc que tu fais avec une facilité très énervante !
A bientôt pour ton opinion sur les Kiwis,
Tyb
Tellement désolé de te faire déprimer. Il ne faut pas, ça n’a aucune importance. Et tu sais tout volait vite hier, ta machine aurait certainement battu des records. On se demandait ce qu’il t’arrivait avec André !
Content de savoir que tout va bien.
Amitiés.
Coititude, ça ferait très Ségolène Royal, tandis qu’avec un tréma sur le i, ce serait Strauss kahnien !