Sofia – Belgrade.
Sofia – Belgrade / 343 km.
Bonjour à tous.
Je regarde régulièrement les prévisions météo en ce qui concerne la France pour voir comment cela se présente pour tous ceux qui aimeraient venir avec leur machine jeudi à Bellegarde. Je croise les doigts. Je ne pense pas que ce sera le grand beau mais ce devrait être largement volable.
Je ne sais pas ce qu’a fait le tracking hier à mon départ d’Istanbul car ma trace ne correspond pas du tout à mon itinéraire. J’étais sur le Bosphore presque depuis son début alors que ma trace m’amène directement à la Mer Noire sans passer au-dessus du Bosphore. C’est très bizarre. J’ai les preuves : les photos des ponts que j’ai survolés et qui traversent le Bosphore à son début et vers le milieu.
J’ai vu le plus gros de Sofia hier et j’ai décidé de poursuivre ma route aujourd’hui vers Belgrade où je resterai encore demain. Je me suis ajouté une étape : Ljubljana en Slovénie. Cela me permettra de découvrir cette ville que je ne connais pas et qui est sur ma route mais surtout cela raccourcira ma dernière étape qui ne fera plus que 666 km au lieu des 1139 prévus.
Cela me fait drôle de constater sur Air Nav Pro que j’arrive au bout de mes destinations. A mon départ j’avais plus de 100 aéroports enregistrés dans ce programme de vol et j’arrive à la fin de la liste. C’était facile de rentrer des points sur une carte, c’était chouette de rêver d’aller ici puis là et là et là-bas. C’était finalement un gros truc ce voyage. J’ai un peu de la peine à réaliser que j’ai atterri sur tous ces aéroports. Là il ne m’en reste plus que 2 et la boucle sera bouclée !!
Vous n’imaginez pas tout ce qui m’a traversé l’esprit durant toutes ces heures de vol. Bien sûr par moment on imagine le pire, on se dit même que cette fois ça ne va pas passer. On pense à des choses incroyables et inimaginables : va-t’on me retrouver, comment va-t’on me retrouver, après combien de temps, dans quel état, va-t’on trouver les causes de l’accident, vais-je souffrir, est-ce que ça va aller vite ou au contraire vais-je errer sur l’océan durant des jours à mourir à petit feu ou dévoré par des requins. Après combien de temps lorsque le corps n’est pas retrouvé est-on officiellement déclaré mort ? Est-ce que mes assurances vie vont payer si mon corps n’est pas retrouvé ? Etc, etc… Ce sont des questions qui me sont passées par la tête à un moment ou un autre. Pas souvent je vous rassure mais c’est arrivé un ou deux fois et cela me paraît normal. Je voulais vivre, je le veux plus que tout. J’ai encore tant de choses à faire. Je ne me serais jamais laissé aller, je me serais battu. Je ne me serais jamais résigné. Je n’aurais pas accepté et j’aurais été choqué que mon ange gardien m’ait abandonné. J’ai toujours pensé qu’il ne pouvait rien m’arriver. J’ai pris pas mal de risques dans ma vie tout en étant toujours certain qu’il ne m’arriverait de toutes façons jamais rien. J’ai eu de la chance jusqu’à aujourd’hui et je suis persuadé que ça va continuer.
Je fais les pleins d’Avgas. Ce sera mon dernier. J’ai 1600 km à faire jusqu’à Bellegarde, ce sera suffisant. Je paie 200 € de taxes + 240 € pour 80 litres d’essence.
C’est très couvert. Un énorme nuage menace venant de l’ouest. Mon handling agent me raconte qu’il y a un vieux dicton datant de l’époque communiste qui dit que tout ce qui est mauvais vient de l’ouest !!
Décollage en 09. Le plafond est à 3000 pieds. Je ressors à 5500 pieds et me stabilise au niveau 65 entre 2 couches.
La visibilité s’améliore.
Puis diminue à nouveau.
Et finalement à 60 nautiques de Belgrade j’aperçois même un rayon de soleil.
Je commence ma descente à 12 minutes de l’aéroport. Le contrôle me fait faire un 360° pour laisser poser un autre avion puis je peux commencer ma vent arrière main droite pour la 12.
Atterrissage en douceur. 1h30 de vol.
Le Follow me car m’amène à ma place de parking. Une autre voiture arrive, un homme en descend, il me demande quand je repars, je lui réponds mercredi, dans 2 jours. Il m’annonce que cela ne va pas être possible, qu’il y a un Notam qui dit qu’il faut demander une place de parking au minimum 3 jours à l’avance. J’appelle Mike à Londres, il n’était pas au courant du Notam, il ne les regarde pas. Moi non plus.
J’insiste, je lui demande s’il y a une société de maintenance d’avions sur la plateforme. Oui. Peut-il appeler pour demander s’il n’y aurait pas une place pour ma machine pour 2 jours. Il le fait mais la réponse est négative. Il m’explique qu’il y a un petit terrain avec une piste en herbe à 15 km mais que mercredi je serai obligé de revenir poser ici pour faire la douane et l’immigration. Je fais mon entrée officielle dans le pays, remplis un plan de vol puis je ressors par le terminal domestique. Il m’amène à ma machine, je recontacte la tour, décollage en 12, altitude maximum 1500 pieds, je me pose 6 minutes plus tard en pleine campagne en 15.
C’est bucolique et très sympathique !
Vingt minutes pour rejoindre le centre.









Bravo Éric ,,,,c’est tout toi ce récit ….mille bisouxxx
Vendredi…sera une vraie fête pour moi
La meteo risque d’être très merdique jeudi en France. On a pas tout une très très grosse étoile au dessus de la tête. Soit quand meme très prudent. la fin du voyage est proche. On va un peu s’ennuyer sans le petit blog quotidien…
juste !
on va s’ennuyer en attendent le prochain GRAND VOYAGE DE MISTER ERIC!
Salut Eric
Je souhaite de tout cœur que a météo sois clémente on vas tous le demander a nos anges gardien.
Pour que tous sois OK pour l’aventurier des temps moderne .
pas d’imprudences.
Amitiés
Patrice
salut, ne force pas le destin si ce n’est pas volable. Ou alors revient plus vite sur Annecy ou Bellegarde, oublie les alpes et reste sur place pour voir tout le monde sans problème le 1er mai. A toi de voir – amitiés jc
Je me suis dit que j’allé relire tous tes articles quand ca me manquerait !
le premier: LE GRAND JOUR. ENFIN! du 16 septembre 2013 à actuellement 1805 vue(s)
en Novembre 2013 il y avait 1170…
Amities
Bonjour, Éric
Et encore, cette piste-là est grande, avec un taxiway, en plus… le luxe !
Ah, les pistes en herbe… Tu avais oublié comment c’était, hein ? Ça doit effectivement être assez différent de l’aéroport de Manille, par exemple !
Tu dis « J’ai vu le plus gros de Sofia ». La curiosité me ronge : Le « plus gros » QUOI de Sofia, exactement ? Et Sofia, elle sait que tu regardais son « plus gros… » ?
Ton ange gardien a fait du bon boulot. Félicitations à lui ! Une de mes soeurs, la catho, me dit de toujours faire de la place dans le cockpit pour mon ange gardien. C’est ce que je fais. L’avantage, c’est que ça m’oblige de faire un cockpit propre.
« Cockpit ». Mot à mot, « trou de coq » (1). Ça ne sonne pas pareil, en français, n’est-il pas ? Là, je suppose que le coq, c’est le pilote. Et quand le pilote est une pilote, on doit dire « henpit » ?
Tiens, ça me rappelle une amie anglophone qui, la première fois qu’elle a vue un panneau « Attention, nids de poules » trouvait que les Français étaient vraiment curieux de laisser leurs poules faire leur nid au milieu de la route, mais très respectueux de leur volaille (2) !
Jolie, la photo de ta finale sur l’aéroport de Belgrade ! Dis-moi, le reflet à droite, ne serait-ce pas celui d’une babouche achetée au bazar d’Istanbul ? En tout cas, ça ne ressemble pas à un matériel 100% aéronautique !
Allez, amuse-toi bien à Belgrade,
Tyb
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(1) – Ouf ! Ce n’est pas tombé loin ! 😉
(2) – Les anglais, eux, disent « pothole », « trou de marmite ». Apparemment, les Anglais, qui sont supposés aimer tout ce qui est bouilli, creusent partout des trous pour y poser leurs marmites…