Venezia – Bellegarde.
Jeudi 1er mai 2014.
Venezia – Bellegarde / 516 km.
Hier soir en me couchant, j’ai réalisé que c’était ma dernière nuit dans un hôtel pour ce voyage. C’est presque irréaliste de penser que tout ça va s’arrêter. Il y avait presque comme un contrat entre nous, j’avais un devoir à faire tous les jours, je le ressentais comme une sorte d’obligation. Je savais que vous attendiez mon article, que je n’avais pas le droit de vous décevoir. J’ai adoré faire ce blog mais cela a été une grosse pression et des heures et des heures de travail. Aujourd’hui je suis hyper content d’avoir tout cela à disposition, tous ces souvenirs, toutes ces données et je vais prendre le temps de tout relire tranquillement afin de me replonger dans ces moments, dans cette aventure que je n’ai pas eu le temps de savourer comme je l’aurais voulu. Il y avait en effet sans cesse de nouvelles choses à découvrir, je n’avais pas le temps de penser à ce que je venais de voir. Le temps passe pour moi toujours trop rapidement. J’aimerais que les minutes, les heures et les jours se déroulent plus lentement. J’aimerais pouvoir faire des arrêts sur image, me poser parfois et savourer le moment mais je n’ai que beaucoup trop rarement l’occasion de le faire.
Réveil à 2h30. Je réponds à vos nombreux mails et je peaufine la rédaction de mes articles de conclusion qui paraîtront demain vendredi.
Un taxi boat m’amène à l’aéroport. Il fait un temps splendide.
Je paie 35 € de taxes. Quel beau pays !
Décollage en 05. Une dernière photo de cette ville exceptionnelle et unique en son genre.
On me fait longer la côte à 1500 pieds maximum puis je dois remonter vers Vincenza.
Je prends ensuite un peu au nord car je ne veux pas me retrouver dans les zones de Milan.
Je passe le Lac de Garde.
Je retrouve des paysages familiers.
Le lac d’Iseo.
Je suis sur 2 fréquences : Milano control et 123.45. J’ai le plaisir de parler avec mon ami Nicolas qui m’appelle alors qu’il est en route pour Turin aux commandes de son jet. Super sympa, merci Nicolas.
Je passe vertical Lugano.
C’est ensuite André qui m’appelle alors qu’il est en route vers le Cervin. Nous avons convenu de nous retrouver là-bas afin de faire le retour ensemble. Il est à 14’000 pieds et la couche monte. Il me reste 15 minutes pour y parvenir. Je lui conseille de repartir car je n’aimerais pas qu’il se retrouve pris dans les nuages. Je me mets en contact avec Genève info et j’apprends par André que les conditions se sont améliorées à Annecy. Excellente nouvelle.
J’arrive vers Zermatt. Le Cervin est dans les nuages.
Tout est soudé en dessous. J’ai une grande pensée pour mon ami Dominique qui doit boucler sa Patrouille des Glaciers.
Je commence très tôt ma descente. Le Mont Blanc est à portée de main (image à la une).
Je trouve un trou vers Cluses pour passer sous la couche. Il y a encore énormément de nuages à basse altitude et l’arrivée à Annecy en longue finale pour la 22 ne se fait pas en permanence avec une excellente visibilité. 2h15 de vol.
André, Marc et Anne m’attendent. Ils devaient être beaucoup plus nombreux mais la météo est vraiment catastrophique ce matin.
C’est bon de se retrouver là, presque à la maison.
J’appelle mon ami Bigou à Bellegarde qui m’informe que le plafond est bas mais que ça devrait passer. Nous partons aussitôt, rejoignons Bellegarde en 6 minutes, faisons un passage à basse altitude puis remontons pour débuter une vent arrière main gauche pour la 01.
Marc me filme avec sa GoPro, vous aurez le film très vite. Merci Marc pour ces images. Je réalise que je viens de faire le dernier atterrissage de ce voyage. Je rejoins le parking puis baisse chaque interrupteur lentement l’un après l’autre. A chaque mouvement, j’entends : c’est fini et cela s’amplifie jusqu’à ce que ça me hurle dans les oreilles : C’EST TERMINE ! OK, ça va, j’ai compris mais je ne parviens pas à réaliser. J’enlève mes écouteurs, je me lève et descends de ma machine comme dans un rêve. J’ai le sentiment que c’est un autre qui est là, ce n’est pas moi.
Vous êtes nombreux à vous être déplacés et cela me touche profondément. 2 de mes filles se précipitent vers moi et je suis très ému de les serrer ensemble dans mes bras puis de retrouver tous les gens que j’aime. Je découvre des personnes avec lesquelles j’ai correspondu et que je rencontre pour la première fois, c’est un grand moment de bonheur. Merci du fond du coeur à vous tous de vous être déplacés pour partager ce moment très particulier pour moi. Je vous adore. Vous ne savez pas à quel point cela m’a réjoui. Un immense merci à Guillaume et Tyb qui sont venus spécialement de Paris et qui y repartaient en milieu d’après-midi. Merci aussi à la société Tecnam de nous avoir mis à disposition tables et hangar, c’est super gentil à toi Franck d’avoir en plus mis la main à la pâte. Nous mangeons, nous buvons, nous discutons, les enfants de la classe de Nathalie sont là, ils me remettent le petit cochon qui contient leurs dons pour Morija ainsi qu’un costume de Super Héros.
C’était une ambiance magnifique.
Demain vous aurez un petit film sur ces moments magiques qui resteront gravés à tout jamais dans ma mémoire.
MERCI.
















Bravo
un périple vraiment fantastique que tu as eu la gentillesse de partager.
Il va y avoir une suite… je le sens; pas tout de suite mais il va y avoir une suite!
Encore Bravo
MERCI à toi.
bonjour, le retour de batman, t’est vraiment un super mec, bravo pour ce pilotage dans des pays aussi difficiles à atteindre, merveilleuse organisation et un compte-rendu journalier sans faille. Merci encore pour ces bons moments passés à te lire.
a bientôt
jc
D’accord avec Flaude, quelle leçon, quel partage, pour une aventure unique.
C’est clair, il y aura une suite 😉
Encore bravo et merci
Marc B
C’était absolument formidable, ces rendez-vous quotidiens avec toi !
MERCI Eric ! TU VAS NOUS MANQUER !…………………………
Merci pour nous avoir fait vivre à ton coté cette merveilleuse aventure!
Te voire arriver à Bellegarde fût un grand moment de frisson comme je les aime.
Amities.
Jorge
Un grand merci Éric de nous avoir fait vibrer avec le récit passionnant de tes aventures.
Ce rendez-vous quotidien va me manquer …
Encore une fois bravo pour tout, et bon retour parmi les tiens !
Amitié.
Patrick
Et oui, pour nous aussi c’est fini. Merci. Tu nous a fait faire un merveilleux voyage (sans les turbulencesvet les moments de doute… ).
Désolés de n’avoir pas pu venir t’accueillir. Ça a dû être magique.
Nous t’embrassons tous les deux.
isabelle et Gerard
Bonjour Éric,
Deux pit-stops (5) pour assurer diverses vidanges et surtout, ravitaillement en café. Personne à la tour de contrôle.
Moi, je n’arrive pas à baisser les interrupteurs. Car beaucoup d’émotions en effet, ce jeudi midi…
Coup d’œil au rétroviseur.
Paris – Bellegarde, 1100km A/R.
Plein fait et mon (gros) bébé bichonné hier, café avalé : je suis prêt. Pas de handling agent, pas de taxe à régler, pas de plan de vol à déposer : le rêve de tout pilote d’ULM trans-fontières…
« Bip » ! J’ouvre le portail du garage, Guillaume est là. En route.
Il est 6:30.
Décollage court piste 27, virage à gauche plein sud, on atteint vite le périphérique. Circulation fluide, beau temps clair, Radio Classique nous passe « l’Empereur », de « Ludwig Van » (1). « Empereur », titre qui convient tout à fait au pilote que nous allons accueillir dans cinq heures, lui qui a régné sur quatre continents…
A6, A40. Contrées inconnues, panneaux aux noms exotiques : « Bourg-en-Bresse », « Genève »… Et même un « Milan 450km »… Mama mia !
Ce sont « Les Préludes » de Liszt (2)(3), sur Radio classique. J’adore. Ça et ses Polonaises, notamment (4).
Peu de trafic. Quelques nuages. Nous passons dessous…
On arrive à Châtillon en Michaille mais Tom-Tom ne sait pas exactement où se trouve l’aérodrome,. Heureusement, Guillaume-Guillaume, mon 2e navigateur, nous y mène sans problèmes.
Nous ne sommes pas les premiers, et nous ne sommes certainement pas les seuls ! Ma « 75 » est
un peu perdue au milieu de toutes ces immatriculations suisses mais, tel le fromage de même origine, y fait son trou.
Première émotion : une petite fille vient droit vers moi pour me donner mon badge d’identification où je lis « Tyb ». Surprise totale ! C’est une très jolie idée de Nathalie, la non moins jolie maîtresse qui avait suivi ta progression avec ses petits élèves.
Rencontre avec les autres intervenants du blog : Nathalie, donc, Anne la petite soeur (6), « Anne mc », Jorge. André, un peu plus tard… (7)
Enfin le grand moment : l’annonce de l’arrivée du Boss. Accompagné par deux appareils. Visiblement, la Patrouille de France a encore du boulot, côté entraînement !
Tu descends de ta machine. Deuxième émotion. Serrements de coeur, de familles, d’amis.
Le plus remarquable, et malgré ce que tu nous dis, c’est que tu as l’air de quelqu’un qui revient d’un vol local d’une heure ou deux. Calme et contrôle total. Très Suisse, ça, non ?
Le buffet était royal. Que dis-je ? Impérial, bien sûr !
Allez, c’est déjà l’heure de rentrer à Paris, avec un crochet à La Ferté-sous-Jouarre pour déposer Guillaume.
Cette fois-ci, le temps est infect sur tout le trajet. Des rideaux de pluie qui m’ont même obligé une fois de m’arrêter en attendant que ça se tasse un peu : visibilité nulle.
Deux arrêts ravitaillement. Pas d’Avgas mais du 95 E10 pour la voiture. À noter, les tarifs sur l’autoroute valent ceux d’Ahmedabad !
Arrivée devant chez Guillaume où il retrouvera sa moitié. Une heure plus tard, j’arrive à Paris où je retrouve la mienne.
Je ne peux pas aller me coucher sans avoir regardé les rushes des vidéos que j’ai prises. J’en ferai un montage que je posterai sur le blog.
Ah, Éric, quelle belle journée ! Si je ne suis pas resté très longtemps à Bellegarde, chaque minute y valait son pesant d’or et d’émotions.
A bientôt en l’air au dessus de quelque part !
Tyb
PS: Ils sont où, ces sacrés interrupteurs ?
____________
(1) – Comme l’appelait « Alex », le héros de « Orange mécanique »
(2) – Mais des Préludes au Liszt, ça s’appelle des préliminaires, non ?
(3) – Vous ne croyiez quand même pas que j’allais arrêter !
(4) – Je ne les ai qu’entendues, jamais vues, hélas.
(5) – Ça fait plus pro que « pipi stop »…
(6) – Anne, ta soeur Anne qui, ne voyant rien venir, écoutait sur ma VHF portable tes échanges radio
(7) – Pardonnez-moi, celles et ceux que je n’ai pas cités !
Je n’ y étais pas, TYB, inénarrable écrivain à l humour décapant. Merci à vous également, vous m’avez fait beaucoup rire ces derniers mois !
Donc, juste, MERCI à vous aussi.
Amicalement,
Marion
Bravo Eric !
Et merci, j’ai voyagé, vibré, au gré de tes vols, de tes émotions. Lire tes lignes me manquera.
J’imagine ce beau moment de retrouvailles de ce jour, j’aurais aimé partager cela avec toi, tes amis indéfectibles, tes lecteurs, ta famille.
Je t’embrasse, bravo Eric.
A bientôt,
Marion
Sacré Eric,
Que dire de plus après le chant du canari (à ne pas confondre avec celui du rossignol de Stravinsky) ! Ton pastiche est excellent TYB. En plus, il traduit parfaitement l’émotion ressentie.
Eric, j’ai remarqué que tu n’avais ni vieilli, ni maigri, ni grossi, comme si tu étais parti la veille. La seule vraie surprise aura été de réentendre une voix amie et de me rendre compte que cela faisait fort longtemps que je ne l’avais pas entendue ! J’ai perdu un ami qui était à l’autre bout du monde, mais j’en retrouve un à Bellegarde. Ca va aussi.
Avec toute mon amitié.
Bonjour à tous,
Un bien jolie moment…
C est bizarre cette sensation de rencontrer quelqu’un que l on croit connaitre car on partagé tant de choses durant des mois et l on serre la main d un inconnu en fait. En fait, mais non cette personne on la connais, elle est telle qu elle nous est apparue durant tout ce voyage.
Bref une bien belle personne, pas d erreur sur la « marchandise ».
Une belle séquence emotion aussi avec les retrouvailles familiales et tous ces enfants criant lors de l arrivée de leur super heros, le cadeau, le cochon et la cape.
Vraiment j ai passé un merveilleux moment.
Je crois que moi aussi je vais relire tout le blog car demain je n aurai plus de message sur ma boite mail qu « Eric a écrit un nouveau message »
Content aussi d avoir fait la rencontre du Bigou, avec qui nous partageons un P92 à Annecy ;-))
bonne continuation à tous.
Et bien déjà de retour! En tout cas merci pour vos récits quotidien et bon retour parmis nous.
Salut Eric
Rien a redire entre Toi et TYB tout est clair et bien détaillé.
Très heureux que tu sois de retour avec les tiens et tous tes amis
Milles fois merci pour ce voyage merveilleux tu a bien mérité la cape de Super Man.
Amitiés
Patrice
C’est un grand bonheur de te savoir enfin arrivé au bout de cette fabuleuse aventure. Chapeau bas cher Eric. Maintenant tu peux savourer la merveilleuse performance que tu viens d’accomplir. Je remercie la providence de m’avoir fait croiser ton chemin.
Avec la cape de Superman, je t’aurai bien vu avec un string Léopard, :-))
Amitiés
Eric