Rendez-vous sur www.flight-america
Vendredi 31 octobre 2014.
Bonjour à tous. J’ai beaucoup de choses à vous dire.
Jeudi il y a 2 semaines, j’ai fait 2 vols très instructifs à bord de mon bébé avec le pilote d’essai d’Aerospool à Prievidza. Un Monsieur de plus ou moins mon âge, pilote de ligne, avec une solide expérience aéronautique. Il connait les Dynamics comme sa poche. C’est lui qui était aux commandes. C’était la première fois que quelqu’un d’autre que moi posait ma machine. Cela m’a fait tout bizarre d’être assis en place droite. Après chaque vol il donnait ses instructions afin d’obtenir le meilleur réglage possible pour mon hélice.
Vendredi 17 au matin tout est prêt. Mon bébé a été astiqué, poli, il brille de 1’000 feux. Le soleil lui ne brille pas. Il ne fait pas beau du tout. A l’usine tout le monde me déconseille de partir. Le plafond est bas, il y a beaucoup de nuages et le vent souffle fort plein ouest.
La météo annonce de mauvaises conditions sur la moitié du parcours, après ça s’améliore. Je ne sais pas encore que je vais vivre un des vols les plus difficiles que j’aie jamais fait. Après le décollage je grimpe à 13’000 pieds espérant passer au-dessus de la couche. Malheureusement ça monte vraisemblablement beaucoup plus haut, il n’y a pas un soupçon de lueur et tout est bouché.
Après 35 minutes de vol, j’entends soudain un bruit bizarre dans mes écouteurs. Mon regard est attiré par un changement infime au niveau de mon tableau de bord. Je constate que ma radio est éteinte. J’appuie sur l’interrupteur pour la rallumer. Rien. Je ressaie, toujours rien. Je suis alors en contact avec Bratislava radar. Il me reste plus de 800 km à parcourir. Je me dis que je ne vais pas continuer ainsi et faire tout le vol sans contact radio. Je pense soudain à mon petit modèle portable que j’utilise dans les grands aéroports où il faut souvent attendre parfois de très longues minutes le ok de la tour de contrôle pour mettre en route. J’évite en général d’utiliser la radio de bord car, pour se faire, tous les écrans sont allumés et cela pompe pas mal d’énergie. C’est toujours ennuyeux de se retrouver la batterie à plat alors que vous voulez mettre en route !
Elle est dans mon petit sac qui ne me quitte jamais lorsque je pars voler. Je l’allume, introduis la fréquence de Bratislava, j’enlève mes écouteurs, je réduis les gaz afin d’entendre quelque chose et j’appelle. J’informe le contrôle de la situation et je demande à faire un 180° pour retourner à mon point de départ. Accordé. J’entame mon virage avec assez peu de visibilité alors que ma machine est ballottée de tous côtés. Chez Aerospool certains me suivent sur Flight Radar et s’inquiètent en me voyant revenir. Je demande très rapidement pour entamer ma descente. Je dois encore par la suite changer de fréquence et 30 minutes plus tard je me pose à Prievidza. Peter le responsable de l’atelier est là et vient tout de suite me demander ce qu’il se passe. La radio est démontée, une nouvelle est installée et 1 heure plus tard je repars. Quelle société fantastique, quelle efficacité, quels gens merveilleux, généreux et compétents !!
Pour mémoire en cas de panne radio et sans possibilité de contact, brancher 7600 sur le transpondeur. On va vous nettoyer le ciel jusqu’à votre destination. Je dois vous avouer que j’avais oublié cette notion. Merci mon Gégé de me l’avoir rappelé !
Les conditions ont empiré. La visibilité est catastrophique. Je cherche l’altitude idéale mais c’est pareil à tous les niveaux et je me fais secouer aussi bien à 2’000 qu’à 10’000 pieds. Mon gros sac de voyage posé à côté de moi décolle du siège à plusieurs reprises de 50 cm sous la violence des turbulences. Je m’accroche, je me bats contre les éléments, je ne quitte pas mes écrans des yeux pour tenter de garder tant bien que mal mon cap et mon altitude. Je monte par moments à 1000 pieds minute puis je redescends derrière à 800 pieds minute. C’est ainsi durant plus d’une heure. Par moments je suis obligé de réduire presque complètement les gaz afin d’amortir un peu la violence des chocs. Mon réservoir supplémentaire est resté fixé sur le siège passager car je n’avais pas envie de démonter la magnifique installation mise en place. Il a été complètement rempli (94 litres) et testé à l’usine. Il faut 35 minutes pour le transférer entièrement dans l’aile droite.
Malgré le fait qu’il ait été complètement vidé, il y a une forte odeur d’essence dans le cockpit et cela me donne un léger mal de tête.
Ce n’est qu’au sud de Munich que la visibilité s’améliore enfin. Mes souffrances sont terminées. Le reste du vol se déroule calmement. J’admire au passage les Alpes bernoises.
Le temps est maintenant magnifique. Je me pose à Bellegarde après 5 heures de vol, épuisé mais heureux. Ma nouvelle hélice fonctionne parfaitement. J’ai gagné plus de 10 km/h en vitesse.
Mon détecteur d’orages fixé sous le tableau de bord devant la place passager me permet de voir les formations orageuses jusqu’à 200 nautiques (350 km).
Cela va s’avérer très utile pour traverser le pot au noir, cette muraille de cumulonimbus qui longe l’équateur dans l’Atlantique sud. Ces nuages peuvent atteindre plus de 18 km de hauteur avec une base qui descend parfois à quelques centaines de mètres. Mes amis d’Azimut 270, Yannick et Francisco, tous deux pilotes de ligne, l’ont traversé en 2010 à moins de 1’000 pieds sous des trombes d’eau lors de leur tour du monde en ULM. Vous pouvez lire leur fantastique épopée sur www.azimut270.ch
Chaque étape est décrite dans l’onglet « Logbook ». Vous pouvez également commander leur livre illustré de magnifiques photos. Je ne résiste pas à l’envie de vous en montrer une extraordinaire.
Merci les amis pour vos conseils, vos recommandations et vos encouragements.
Une page se tourne, c’est la dernière, le livre se referme. C’était magnifique de partager toutes ces étapes avec vous. On est toujours triste lorsqu’on termine un bouquin qui vous a tenu en haleine. Ne le soyez pas, j’ai un nouveau livre pour vous. Une nouvelle aventure va commencer. J’espère vous retrouver tous sur mon nouveau site www.flight-america.com pour un tour des Amériques qui débutera le 1er novembre.
Merci de m’avoir suivi durant ces longs mois. Vos messages amicaux, votre soutien fidèle et votre présence invisible mais palpable m’ont beaucoup aidé et apporté. Je vous en suis très reconnaissant et vous en remercie de tout coeur.
Prenez soin de vous !
Je vous embrasse.





Salut l’ami
Je serais comme tout les autres en attente de tes messages.
Fait nous rêver et voyager
Bon vol l’ami « MERDE »
Amities
Bonjour Eric, je vous suivrai avec impatience lors de votre vol vers ces régions magnifiques.
Bon vol. Comme je vous l’ai déjà indiqué, le plus grand péril peut être le givrage. Bons vols.
Tous mes vœux t’accompagnent.
Bons vols Eric !
Amicalement.
Patrick
Un magnifique livre effectivement qui nous a tentot fait tres envie soit pout ma part froid dans le dos.
Bravo encore pour cette saga, je bascule dès ce soir sur flight-america.
Bonne nuit et a demain Amities Didier
Bonjour Eric,
Ce sera donc mon dernier message sur Flight-Marquises… Je n’aime pas les fins, mais ce n’est que la fin de ce livre et le début d’un autre qui promet d’être tout aussi époustouflant !
Ta machine est au top. Nous penserons fort à toi et attendrons avec impatience d’avoir de tes nouvelles.
Les Spirit Boys rentrent Lundi et toi tu décolles demain ! Il nous tarde de découvrir les Amériques avec toi
Il manque la fin de mon message.
Safe travels Captain Eric!
Grosses bises,
Sophie
Bonjour Éric,
Elle est mignonne ta copine sur le siège passager!
Bon encore dégouté de ne pas avoir pu décollé de Chalon ce matin: le brouillard c’est levé que vers 13h00. Bon, je me suis consolé par un joli vol dans le massif du Mt Blanc, ainsi qu’un arrêt à Megeve. Et oui comme un grand! Bon vol Eric, et je vais de ce pas sur Flight America…
amicalement
Marc