Fogo découverte
Mercredi 27 février.
Le volcan qui domine l’île, le Pico do Fogo, est un volcan actif. Sa dernière éruption remonte à 1995.
Il culmine à 2829 mètres d’altitude. Grâce au volcan, les terres sont très fertiles et l’on y cultive des vignes (pour produire le célèbre vin de Fogo, le manecom), du café, des raisins, des pommes, des grenades, des légumes. Le café de Fogo est réputé dans le monde entier.
Autre spécialité de l’île, son fromage de chèvre. L’île fut peuplée de colons et d’esclaves au XV éme siècle et developpa la culture du coton pour la fabrication de pagnes qui représentait à l’époque une monnaie d’échange. Le métissage fut très important dans l’île et les habitants peuvent avoir les cheveux blonds ou les yeux bleus ou verts. Un français s’y installla au XIX éme siècle, le comte de Montrond et laissa beaucoup de descendants (ah ces français !!!).
Fogo est une île de contraste que ce soit dans ses paysages ou au sein de sa population.
Départ pour l’aéroport après le petit déjeuner. Nous déposons un plan de vol pour Fogo, île distante de 106 km. Après le décollage, nous avons la vue sur Praia à notre droite.
Nous longeons la côte ouest pour survoler Tarrafal, ville que mon Bigou adoré n’avait pas envie de revisiter, puisqu’il est déjà venu au Cap Vert il y a 4 ans.
Nous avions envisagé d’y faire un saut ce matin et de partir pour Fogo plus tard. En voiture, la ville est distante d’1h30 de Praia avec toujours des routes à vous casser le dos. Je n’ai pas voulu insister. Après Tarrafal, nous prenons la ligne droite pour Fogo. Nous apercevons rapidement au loin le volcan qui culmine au-dessus de petits nuages. Je dis à Bigou que nous allons nous faire le plaisir de le survoler. Soudain à 20 km des côtes, le moteur toussote violemment, repart puis toussote à nouveau. Séquence frayeur. Sans hésiter une seconde, nous virons pour reprendre la direction de Praia. Nous avertissons le contrôle que nous avons un problème moteur et que nous revenons nous poser. Grosse tension à bord. Plus personne ne parle et chacun imagine en silence le pire. Nous guettons le moindre bruit suspect, la plus petite baisse de régime du moteur. Nous sommes alors à 4500 pieds et la côte tarde à se rapprocher. Le moteur continue à tousser, histoire de tester notre résistance nerveuse face à une situation d’urgence. Nous imaginons le pire, la panne complète, le mayday, mayday, mayday, ralentir l’avion, tirer le parachute, amerrissage, sauter dans l’eau avec nos gilets, activer la balise satellite de détresse, regarder l’avion disparaître sous l’eau avec toutes nos affaires, puis l’attente les secours … Le cauchemar.
Je fais une prière silencieuse à mon ange gardien pour qu’il nous ramène jusqu’à Praia. Grosse frayeur pour Bigou se sentant totalement démuni et impuissant. J’ai enclenché la pompe à essence de secours, ralenti légèrement et il nous semble qu’il y a un léger mieux. Les toussotements n’ont pas repris.
Nous rejoignons finalement la côte. La tension baisse d’un cran mais nous ne sommes pas encore tirés d’affaire. Nous apercevons une route assez droite à 2 – 3 kilomètres, nous pourrions éventuellement nous y poser, sinon nous tirerons le parachute pour un atterrissage de catastrophe en pleine campagne. Les minutes s’égrènent très lentement. Nous gardons notre altitude afin de pouvoir planer et rejoindre le terrain en cas de panne soudaine. La piste est enfin en vue. Je me présente très haut, sort le train, un cran de volet, je fais des lacets pour perdre un peu d’altitude, un camion de pompiers est là en bordure de piste au cas ou. Nous nous posons finalement sans encombre. Ouf, nous avons eu très, très chaud.
Nous appelons immédiatement Finesse Max, le distributeur français de ces magnifiques machines. Pour eux c’est l’essence qui est la cause de ces ratés. Nous appelons notre chauffeur qui nous amène auprès du responsable que nous avions rencontré hier. Après discussion, c’est avec stupeur que nous apprenons que l’essence des voitures ici au Cap Vert ne contient que 85 % de taux d’octane alors qu’en Europe nous avons 95 et 98 % pour la super plus. Le problème est élucidé, il faut maintenant trouver le remède. Pour nous, l’unique sauvegarde passe par de l’Avgas 100 LL. Malheureusement, cette essence aviation n’est pas disponible au Cap Vert. Nous demandons les coordonnées de Shell Sénégal, appelons le responsable que nous joignons après avoir expliqué notre histoire préalablement à 3 personnes. Nous lui expliquons que nous avons besoin d’un fût de 200 litres à expédier soit par avion cargo, soit par bateau et que c’est urgent car nous n’avons pas spécialement envie de passer 2 mois ici à attendre. Il va se renseigner et nous rappeler. Par la suite, il nous confirme que ça va être compliqué, ce dont nous ne doutions point !!! Il reprendra contact avec nous demain jeudi.
Voilà, chers lecteurs la situation actuelle !
Hier soir nous avons fêté ça avec Bigou. Nous n’avons pas perdu l’avion englouti par les flots avec toutes nos affaires, c’est la fête !
Aujourd’hui nous allons faire le service 50 h quand bien même nous n’avons que 44 h au compteur et vidanger toute l’essence. Mon Bigou va trouver un vol pour rentrer peut-être en fin de journée ou demain. Il a été passablement refroidi par l’aventure et il est inutile qu’il perde aussi son temps ici. Notre découverte du Cap Vert s’arrête malheureusement là. Sniff, sniff ! Votre serviteur lui, va se mettre au créole ou prendre des cours de danse en attendant de pouvoir repartir. Quand ? C’est le grand mystère, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant régulièrement. On vous embrasse tous.




He bien! Vous avez eu chaud! On doit se sentir tellement impuissant dans ce genre de situation. C’est quand même sensible ces moteurs; quelques % de taux d’octane de différence et c’est la cata.
Il ne te reste plus qu’à prendre ton mal en patience. Elles sont mignonnes les petites créoles, peut-être vas-tu trouver ou nouvelle compagne de vol pour la suite. Je sais bien que Bigou est très sexy et que ça va être difficile de le remplacer, mais bon, il veut rentrer, faut faire avec…..Lol
Bon courage mon Eric. Take care.
Eh ben, mes tamagotchis, c’est pas la fête. Mais c’est très éducatif pour ton grand vol prochain. Il doit exister un additif pour améliorer la qualité du carburant, non ? Je pense bien à vous.
salut, dans un de mes mail je t’avis dis de la 95-98, trouve toi une peau de daim et filtre l’essence pour voir si il y a de l’eau dedans.
essai de trouver un produit pour augmenter l’indice d’octane, si possible dans ce pays ou bien avec le sénégal petits bidons à recevoir par avion.
salutations
jc
On a vraiment les frissons en dévorant ton récit!….Ton ange gardien a entendu ta prière !
» On a fêté ça avec Bigou » Je te reconnais bien là, et t’admire pour ton optimisme !…
Hello Eric,
Cette fois-ci ce moi que prend le clavier!!! comme toujours je vous ai suivi à chaque point
derrière Jorge, mais…. maintenant je vécu l’épreuve avec vous. La expérience doit avoir été crissant, mas heureusement pas grave de tout, logiquement ça doit remuer les tripes!!
Je suis sûre que tu trouverais une bonne sortie, comme les chats qui tombent toujours sur ces pattes, prend plaisir avec ce qu’il a chaque jour.
Avec mes plus sincères souhaits de une prompte solution, je te dis en avant!!
Amitiés
rebonjour,
en plus de la peau de daim essai de trouver un entonnoir avec un filtre à eau (tamis sur le fond) pour stoper l’eau lors du remplissage des réservoirs. Il est possible que tu avais encore de la 100 LL mélangée et que par la suite la 85 te donne des claquements fort à haut régime, je penche plus pour de l’eau au dans les réservoirs vu les toussotements violent.
28.2.2013 12h00
» Soudain à 20 km des côtes, le moteur toussote violemment… »
L’horreur…
Bon, vous êtes intacts, l’avion aussi.
Ce qui ne tue pas rend plus fort, non ? L’expérience sera enrichissante.
Regardons devant et vive la suite ! (Que je te souhaite rapide: Shell, s’il vous plaît…)
Il suffit que je n’ouvre pas mon ordi un jour et malheur. Heureusement que vous êtes sains et saufs. Eric, tu ne va tout de même pas continuer ce periple tout seul, à moi la peur.
J’attends avec impatiente de lire la suite.
Courage mon bel ami. Pia
oh !!!! Comme on vit ton angoisse ! On a hâte d’arriver à la fin de ton récit.
Ce qui est rassurant c’est que tu es là pour nous le raconter!
voici le lien dont Gg t’a parlé.
bisous
http://fr.wikipedia.org/wiki/Essence_(hydrocarbure)