Sal – Dakhla
Jeudi 28 mars 2013.
Après une petite nuit et un réveil à 5 h 30, départ pour l’aéroport en taxi sans prendre le petit déjeuner car ils ne commencent le service qu’à 7 h. Je ne vous cache pas que pour la 1ère fois depuis que je vole, je suis un peu tendu à l’idée de cette traversée suite aux derniers cafouillages vécus. Je n’imaginais pas que çela puisse m’arriver et croyez-moi c’est assez désagréable. Demandez à mon ami Bigou, il vous confirmera. Il y a de nombreux pilotes qui n’ont plus envie de faire de longues traversées maritimes et parfois même des courtes car c’est vrai que cela peut être un stress supplémentaire. Je les comprends mieux aujourd’hui.
Formalités de douane, dépôt de plan de vol. J’admire un magnifique Illioutchine sur le tarmac avant de vider mon dernier précieux bidon d’Avgas dans mon réservoir.
Décollage puis cap sur Dakhla. Plus que 1100 km à parcourir ! Une dernière photo du nord de l’île et me voilà déjà sur la grande bleue.
Altitude = sécurité. J’ai demandé le niveau 105, je grimpe. Je m’éloigne déjà de la côte. Très vite, en cas de panne moteur, le retour sur terre n’est plus possible. Je surveille sans cesse tous les paramètres sur l’ordinateur de bord, je guette le moindre bruit suspect. Rien à signaler. À mon altitude de croisière je trouve 25 km/h de vent plein face. Je fais des calculs de consommation. Ça devrait passer. Après 2 h de vol, je perds le contact avec Sal et je suis encore trop loin pour capter les Canaries. Silence radio. Le temps passe très lentement. J’ai régulièrement des petites frayeurs croyant entendre une baisse de régime du moteur. Pour me détendre et penser à autre chose, je sors mon IPad et commence le présent compte rendu. Le pilote auto est une invention formidable. Je n’ose pas imaginer un tel vol sans et je ne sais pas comment j’ai fait l’année dernière pour aller jusqu’au Cap Nord avec mon ancien appareil qui n’en possédait pas. Je me souviens avoir par moment fermé un peu les yeux et m’être retrouvé déviant complètement de mon cap.
Le soleil tape, je ne fais pas attention, l’indicateur de température s’allume sur l’IPad. Je mets l’écran devant la ventilation extérieure pour le refroidir et 4 minutes plus tard, je peux continuer. Je suis à 1h45 de ma destination le vent baisse lentement puis s’établit à 10 km/h de face. Je me détends, ça va passer.
Je pense aux trop nombreuses futures traversées maritimes que j’aurai à effectuer très bientôt et je me dis que je suis un peu fou. Mais c’est le prix à payer pour avoir l’immense privilège de pouvoir se poser sur de minuscules atolls de rêve au beau milieu du Pacifique.
Un témoin lumineux rouge s’allume. Petite frayeur. Je suis sur la réserve avec le réservoir gauche, il me reste 35 litres dans le droit pour juste 400 km restant à parcourir. Le vent est complètement tombé, je navigue maintenant à 275 km/h. Il me reste 1h30 de vol.
J’ai soudain le sentiment que le moteur fait un petit cafouillage. J’écoute attentivement, je regarde tous mes écrans. Mais non, tout va bien. Le traumatisme prendra du temps à disparaître !!
J’arrive maintenant travers Nouadhibou en Mauritanie. Distance 70 km. En cas de problème avec une finesse de 15, j’arriverais à parcourir 45 km. Je suis encore trop loin mais la côte oblique dans ma direction et je vais bientôt me retrouver avec la possibilité de la rejoindre.
J’ai soif. Je bois chaque heure une toute petite gorgée d’eau. Ce n’est définitivement pas très pratique de se soulager à bord et je préfère éviter. Il me reste 1 heure, la côte est maintenant à distance. Je respire mieux. La vie est belle.
Merci encore mon cher Pierre pour l’excellent travail. Je t’imagine au bord de la piscine et espère que tu profites d’un repos bien mérité. J’ai la côte en visuel, je sors mon appareil, ouvre ma petite fenêtre, sors un peu trop l’objectif et à 275 km/h l’appareil m’échappe des mains. Merci la dragonne qui me permet de le récupérer. J’ai définitivement beaucoup de chance. Je contacte la tour de Dakhla. Il me reste 45 min puis 30 min. Je commence ma descente et vous quitte momentanément. À tout à l’heure sur le plancher des vaches.
Atterrissage sans problème. À peine posé comme toujours au Maroc, vous êtes entouré d’officiels qui vous réclament passeport et tout plein de renseignements avant même que vous soyez descendu de l’avion. Cette fois j’ai même droit au chien pour détecter d’éventuelles drogues. J’avertis tout de suite le maître chien qu’il va être déçu. On me demande par la suite de monter à la tour de contrôle où l’on me réclame les papiers de l’avion. C’est là que les choses se corsent car j’ai oublié ma sacoche avec toutes mes cartes et documents à Genève. Je tombe sur un militaire pas vraiment large d’esprit et je me dis que je vais revivre l’épisode de Casablanca. Il est 14 h. Il me dit que c’est une infraction et qu’il va appeler le responsable de l’aérodrome. Je me fais remonter les bretelles, il ne comprend pas que je puisse voler sans les papiers nécessaires. Il me dit que les originaux sont indispensables même si j’ai scanné tous les documents sur mon IPhone et que je lui propose de les lui envoyer par mail. Il me fait comprendre que je ne pourrai pas redécoller sans qu’il ait vu les originaux. Je me dis que par DHL je devrais les avoir ici dans 4 – 5 jours mais j’ai les boules si c’est ainsi que cela se termine. Le commandant arrive, me reçoit dans son bureau, me demande de lui expliquer la situation, me fait lui envoyer par mail tous les documents, les imprime puis fait des téléphones, reçoit des gens, me délaissant complètement. Nous sommes au Maroc, c’est vraiment un autre monde ! Je me dis que je vais à nouveau y passer une bonne partie de la soirée. Finalement, après avoir contacté la DGAC marocaine, il me demande de lui certifier conforme chaque document, de les signer, d’y ajouter mon n° de passeport et de lui faire un petit rapport sur l’incident. Je dois également faire 2 copies supplémentaires à remettre demain aux autorités d’Agadir puis de Tanger. Vers 17h30 il me libère et je rejoins mon hôtel très soulagé. Cette fois je m’y suis pris à l’avance et j’ai réservé une chambre dans le seul vrai hôtel de Dakhla. Je garde en mémoire notre nuit mémorable dans cet hôtel pouilleux, le seul disponible lors de notre voyage aller avec Bigou.
A demain.




vraiment heureux que tu sois de nouveau près du plancher des vaches. La traversée du détroit de Gibraltar va te paraître enfantin. Tu nous auras tenu en haleine. Tu as mérité quelques vols plus « pépères ». Nous nous en occupons. Bisous et bon retour parmi nous. Isa
Hello Eric,
Now you make me read in french, ok by me! I’ m not so fluent like in english, but I manage, I learnt it for 9 years anyway….
Your adventures are so interesting, that it feels like I’m reading a book!
So, arriving in Dakhla was not a problem! Staying in Dakhla was a bit more problematic! If in Europe it’s not easy dealing with burocracy, imagine in Morocco!!!
Beautiful plane you’ve got! Today I also retourned to the skies…
According the swimming results they have been ok! Nothing special, but ok! The best so far was at the 50m free style relay! But even though, a 9th place! If you’re in the first 10 at the Nationals, it’s pretty good! So, let’s wait for the rest!
Have a nice Holy Friday and hope to hear from you soon!
Hi Ana,
Thank you for your kind answer. Sorry to make you work your French but it is a good exercise for you so. And it is so difficult to learn a language, it is stupid not to practice it and forget.
I don’t know what to say about the results of your daughter. I hope she is satisfied. It is today extremely difficult to be the best, wether in sports, in your business, in your private life … On my side I always made sports for pleasure. I don’t like competition in sports. I had to fight enough in my private life !! I am talking about business. Beside that I had and still have a wonderful life.
With warm regards.
You are a happy person! That’s so good! But I easily guessed about it, when I met you! Your way of being, doesn’t hide it!
Life sometimes isn’t easy, we have to fight hard to be succeed, not only concerning a job, but in everything in life actually! And being able to say ‘I had and still have a wonderful life’ is amazing! It means you reached a great deal of your dreams, goals, whatever you might name it!
Today I’m quite tired! I’ve been in two Azorean Islands! Pico and Terceira! And a lot of work! Right now I’ m on my own with no kids! They went to spend Easter with my family in the north! I will meet them tomorrow for lunch! Including my daughter, that will arrive from the Nationals! Today their relay got a 7th place! That was not bad!!!
It seems you’re still on time to spend Easter in Europe with your friends! that’s very nice!
Keep on flying well…!
With my kindest regards,
Ana
Ton message m’a stressé Etin… Comme tu dis tu as eu de la chance… Sois prudent…