Salzbourg – Gmunden – Bellegarde
Dimanche 11 août 2013.
Salzbourg – Gmunden / 66 km.
Il ne fait pas très beau lorsque je décolle de Salzbourg. J’ai même droit à une petite averse. J’ai par contre la chance de partir face à la ville et d’admirer au passage la forteresse de Hohensalzburg.
Curieux, j’ai dû faire un plan de vol malgré la faible distance à parcourir car je partais d’un aéroport contrôlé ! La région, parsemée de nombreux lacs, est magnifique vue d’en haut.
15 min de vol. Je m’annonce et reçois le ok pour un atterrissage à convenance. Gmunden (LOLU) est un petit aérodrome avec une piste en dur contrairement à ce que je vous ai annoncé dans mon récit d’hier. Alors que je suis en courte finale, le contrôle me demande de « go around » remettre les gaz immédiatement car il y a un cerf qui traverse la piste. Je m’exécute et mets à fond pour reprendre rapidement de l’altitude et m’engager dans un nouveau tour de piste. Cette fois ce sera la bonne, le cerf a disparu. Atterrissage en douceur sur cette piste de 500 m en légère descente.
Helmut m’accueille très chaleureusement dans son restaurant jouxtant la tour de contrôle. Je l’avais auparavant croisé 5 min en avril lors de la Messe de Friedrichshafen et nous avions alors échangé nos mails. Il m’a fourni spontanément et très généreusement une liste infiniment précieuse d’informations capitales qui n’a pas de prix. D’abord toute une série de contacts dans différents aéroports, principalement des personnes qui l’ont aidé, des informations sur les endroits où aller et où ne surtout pas poser, un modèle de « général déclaration » à préparer et à imprimer plus de 150 fois car on m’en réclamera 12 exemplaires par exemple lors de mon entrée en Inde et 8 lors de la sortie. Je vous en montrerai un modèle lorsque je l’aurai préparé. Il m’a indiqué les cartes à acheter, les aéroports où il ne faut surtout pas poser le week-end comme aux îles Fidji car la taxe d’atterrissage est multipliée par 10 par rapport au prix en semaine, la carte Sim à acheter afin de pouvoir communiquer partout à un prix intéressant, le branchement à effectuer de mon téléphone satellite sur un 2ème casque afin de pouvoir communiquer en vol lors de mes futures longues traversées maritimes sur le Pacifique, l’inscription à faire auprès de l’IAOPA afin d’être considéré comme un vrai commandant de bord, de bénéficier de 25 % de rabais dans les hôtels et de pouvoir séjourner jusqu’à 72 heures dans n’importe quel pays sans avoir besoin de visa. De l’or en barre ! Merci du fond du coeur Helmut. Il m’a très vivement conseillé d’investir dans des chemises blanches avec 4 gallons, incitant à un très grand respect de la part du personnel en tout genre dans les aéroports de nombreux pays d’Asie, d’établir des plans de vol IFR en dehors de l’Europe car le vol VFR n’est pas reconnu en Asie, d’acheter une balise SPOT permettant d’être suivi à la trace toutes les 15 minutes lorsque je serai en vol. La petite touche comique : d’apposer sur un déodorant d’atmosphère une étiquette correspondant à un destructeur d’insectes et autres. En effet, à l’arrivée en Australie, il est interdit d’ouvrir la verrière de l’avion avant de l’avoir désinfecté. On vous glisse par la petite fenêtre latérale une bonbonne que vous devez pulvériser puis vous devez tenir durant 4 minutes sous un soleil de plomb avant d’être enfin libéré. Il m’a finalement proposé de me mettre à disposition un réservoir supplémentaire de 50 litres qu’il a fait fabriquer sur mesure à installer au pied de la place passager. Un homme exceptionnel et d’une générosité rare. Merci Helmut. Nous avons passé 3 heures à bavarder ainsi puis il a souhaité faire un vol avec mon appareil. Nous avons décollé, lui aux commandes mais en place droite ce qui ne le dérange pas car il est instructeur avion et ULM. Il a rentré les volets, j’ai coupé la fuel pompe et après 15 minutes de vol il me dit qu’il y a qqch de bizarre. Nous avions oublié de rentrer le train. Bravo les gars ! Ce qui arrive lorsque 2 personnes font les choses !
il me demande si j’ai déjà vu ce dont cet appareil est capable
Puis il me demande si j’ai déjà vu ce dont cet appareil est capable. Je lui réponds que non. Il me dit : serre ta ceinture et accroche-toi. Il tire sur le manche au maximum faisant monter l’appareil presque à la verticale. J’ai le sentiment d’être dans un avion de chasse. J’ai juste le temps de voir qu’on monte à 2100 pieds/minutes qu’il bascule l’appareil sur la droite, coupe les gaz et plonge nous mettant en apesanteur durant une longue seconde. C’est alors que le moteur s’arrête, l’hélice est droite devant nous. Nous sommes à 3000 pieds au-dessus d’un lac. Pas de panique. Il coupe tout puis rallume et essaie de remettre en marche. Miracle, ça repart immédiatement à mon grand soulagement. La démonstration en restera là pour aujourd’hui. Nous n’avons pas compris ce qui s’est passé.
Je le remercie infiniment pour tous ses renseignements et conseils. Il termine en me disant : n’écoute pas les gens, monte dans ton avion et vole, ne te préoccupe de rien d’autre !
Je repasserai le voir début septembre pour récupérer son réservoir sur le chemin de l’usine Aerospool où je vais me rendre pour qu’ils installent un branchement sur mon circuit d’essence.
Gmunden – Bellegarde / 643 km.
Le vol de retour se fera au-dessus de la couche à 14000 pieds avec 60 km/h de vent de face. 2h55 jusqu’à Bellegarde.
Désolé pour le peu de photos aujourd’hui.
A très bientôt.



