J – 10
Jeudi 5 septembre 2013.
Bellegarde – Vodochody / 782 km.
Bonjour à tous. J moins 10. Je pars chez Woodcomp en République Tchèque changer mon hélice qui a besoin d’un service toutes les 250 heures au profit d’une à entretenir toutes les 700 heures. En effet durant mon voyage personne ne sera à même de me faire ce service et l’hélice c’est quand même assez important. Surtout lorsqu’on en a qu’une !!
Temps magnifique.
J’en profite pour tester le matériel. Mon téléphone satellite fonctionne. Je peux appeler en vol. Cela va m’être très utile pour les longues traversées maritimes afin de donner ma position toutes les heures. En effet je n’aurai plus de liaison radio à plus ou moins 15 minutes des côtes.
La bonne nouvelle c’est que le tracking fonctionne. Mon ami Guillaume a à nouveau fait des miracles. On peut me suivre à la trace lorsque je suis en vol avec une position réactualisée toutes les 15 min. L’altitude et la vitesse sont également indiquées. C’est juste fantastique. On n’arrête pas le progrès !! Ça c’est grâce à mon ami Helmut qui m’a fait connaître cette balise. Merci Helmut. Nous passons d’ailleurs le week-end ensemble. Non, non, je vous rassure je n’ai pas changé de bord !
Guillaume a fait un énorme travail avec ce site. Je l’ai vraiment persécuté afin d’avoir qqch de bien et je pense que nous y sommes parvenus. Un gigantesque MERCI mon très cher Guillaume. Tout se présente donc sous les meilleurs hospices. J’ai encore qqn réglages avec les 2 GoPros, une à l’extérieur sous l’aile et l’autre à l’intérieur qui pourra retransmettre mes conversations avec les tours de contrôle. Je pense que ça va être chouette.
Vol sans histoire. Après Genève contrôle, Bern puis Zurich, Langen, Munich, Prague et finalement Vodochody. A chaque fois je recommence ma petite histoire : F-JUKE, WT9 from LFHN (Bellegarde) to LKVO (Vodochody), 1 person on board, level 95 (9500 pieds), squawk 7000. On me donne un nouveau numéro de transpondeur et je suis tranquille pour les prochaines 30 à 45 min. C’est étonnant comme on s’habitue à tout. Au début, lorsqu’on apprend, la radio est qqch de compliqué, doublement en anglais. Par la suite, on ne réfléchit même plus à ce qu’on va dire.
Léger vent de travers avant de 25 km. Vitesse : 250 km/h. L’Allemagne c’est tout plat et un peu monotone. J’en profite pour commencer mon article.
Je me sens bien et j’ai une totale confiance envers ma machine. J’ai le sentiment de faire corps avec elle, de ne faire qu’un. Je me prends à imaginer qu’elle sait ce qui l’attend, qu’elle est consciente qu’elle va avoir l’énorme responsabilité de nous mener tous deux à bon port. De mon côte je vais la respecter, lui parler, l’entretenir avec un soin méticuleux. Nous sommes une équipe. Helmut Lehner me disait qu’entre une femme et sa machine, il n’hésitait pas une seconde. Pardon Mesdames. Je vous rassure, je ne suis pas aussi catégorique !
Quelques nuages à 9000 pieds à 30 min de l’arrivée.
Je reste pour l’instant à la même altitude. 5 min plus tard, Prague contrôle me demande de descendre à 7000 pieds. Vodochody est en effet situé à 16 km de l’aéroport international de Prage que je vais longer par la gauche à seulement 5 km de distance. Très vite on me demande de rejoindre 3000 pieds et de dévier de ma route de qqu degrés par la gauche. Puis c’est une longue finale pour la piste 10.
3 h 15 de vol.
Dix minutes plus tard le responsable de la société Woodcomp arrive avec l’un de ses collaborateurs. Quinze minutes après ma nouvelle hélice est installée. 8 € de taxe d’atterrissage à payer et je redécolle pour Prague Letnany, piste en herbe tout près du centre que je rejoins en 10 minutes. En attendant mon taxi j’admire un magnifique Antonov qui va décoller à certainement moins de 60 km/h. Il va tellement lentement qu’on a l’impression qu’il y a un truc. Cela paraît juste invraisemblable qu’il tienne en l’air en volant si lentement. C’est irréel. Cliquez sur la photo pour l’agrandir afin de voir le nom de l’avion !
Je pose mes affaires à l’hôtel et je repars à la découverte de cette ville que j’avais visitée alors que j’avais 16 ans. Eh oui cela fait un certain temps !! J’apprenais l’allemand à Vienne durant l’été et j’étais venu avec l’école où je prenais des cours pour 2 jours. Le rideau de fer était encore bien présent. J’avais été à l’époque impressionné par ce passage de frontière, de voir ces miradors, ces murs de barbelés au milieu desquels on trouvait un no man’s land miné. Nous avions tous dû descendre du car qui avait été fouillé de fond en comble. A Prague, les immeubles portaient encore tous des traces de balles de mitrailleuse. Les vitrines des magasins étaient vides. C’était pauvre. Un autre monde que je découvrais surpris avec mon innocence de l’époque. Je commençais alors à me poser des questions sur l’efficacité du système communiste.
Je loue mon traditionnel vélo. Les rues sont presque exclusivement recouvertes de pavés, elles n’ont pas changé depuis lors, et l’on me conseille un solide mountain bike avec de bons gros pneus. C’est parti.
Place de la vieille ville avec l’église aux tours noires, Notre-Dame de Tyn.
Les immeubles longeant la place.
Un collègue.
La Tour poudrière.
La suite demain.







