Jaipur – Varanasi
Samedi 19 octobre 2013.
Jaipur – Varanasi / 720 km.
Lorsque je consulte la météo juste après mon réveil, je constate que c’est IFR à Bénarès mais je ne me fais pas autrement de souci. C’est aussi IFR à Jaipur et je vous laisse constater les conditions juste après le décollage.
Je reçois le ok pour amener de l’essence. Je m’arrête à une station pour prendre 45 litres à 0.80 € le litre. Personne n’est capable de me donner le taux d’octane, pas même le directeur qu’on appelle spécialement. La compagnie de handling va amener les 2 réservoirs souples directement à l’avion sans passer par le contrôle.
330 $ de taxes tout compris.
On m’impose à nouveau une route IFR qui me fait partir nord presque jusqu’à Dehli alors que ma route directe est plein est. J’enrage.
Je vide un réservoir de 22 litres et j’apprends alors que le taux d’octane de l’essence ici en Inde est de 70. J’espère que ça va aller. Heureusement que ces 22 litres seront mélangés avec 40 litres d’Avgas 100 LL.
Décollage en 09, virage à gauche, je pars vers mon premier point plein nord en trichant de 20 bons degrés. Pas de réaction. Je monte à 7500 pieds. Jaipur me demande de contacter Dehli. J’en profite pour changer de cap et pour partir directement sur mon 2ème point. Dehli me demande mon code transpondeur et me fait changer de cap. Ils ont donc un radar. Je suis malheureusement obligé de me conformer aux ordres. D’autant plus qu’en prenant un cap direct je passerais vertical Agra. Pas de chance. Grand détour. Après Agra je peux enfin prendre la direction de Bénarès. On me fait encore descendre à 6000 pieds car il y a des avions de chasse qui font des exercices de 7000 à 13000 pieds. Une dernière correction de cap pour éviter les militaires. Le temps se gâte, de gros cumulus apparaissent d’abord à mon altitude puis montent beaucoup plus haut.
Je demande 11000 pieds, on m’accorde 10000. Les nuages montent de plus en plus haut. Je suis à 35 minutes de Bénarès. Il faut décider, dessus ou dessous ? Je choisis dessous.
Je dois descendre à 1000 pieds pour terminer le vol. Plus je m’approche, plus la situation s’aggrave.
A 10 minutes, la tour m’informe que la visibilité est de 3000 mètres avec un plafond de 1000 pieds et que les conditions ne sont plus VFR. On me demande mes intentions, à savoir où je veux me dérouter ? Je n’ai aucune envie d’aller me poser ailleurs. Je lui dis que je peux me poser en IFR, qu’il lui suffit de me donner un cap et que je suis déjà à 1000 pieds sol.
One minute kilo écho. Suspense ! J’imagine qu’il consulte ses collègues sur les risques de me faire atterrir. Je suis bien décidé à me poser là. J’attendrai si nécessaire jusqu’à ce que je n’aie plus d’essence. Il commence à pleuvoir, la visibilité baisse encore. Pas bon ! 45 secondes qui me paraissent une éternité. Kilo écho, fly heading 110. Gagné. Il me donne le cap pour rejoindre la vent arrière main droite pour la 27. Content Guilloud !
Un Boing 737 remonte la piste pour décoller. On me demande si je l’ai en visuel. Yes affirm. Je dois prolonger ma vent arrière, puis je tourne en base et en finale. Kilo écho, cleared to land runway 27. Thank you very much Sir.
3 h 20 de vol.
Il pleut lorsque j’ouvre ma verrière mais cela ne dure pas. J’ai ensuite droit à de la magnifique musique indienne durant les 40 minutes du trajet en taxi. Content d’arriver !
Je repars aussitôt pour Sarnath, une cité bouddhiste se trouvant à une dizaine de kilomètres au nord de Varanasi. C’est le lieu du premier sermon du Bouddha et est de ce fait l’un des quatre lieux saints du bouddhisme.
Des bonzes récitent leurs matras inattentifs au monde qui les entoure.
Mulagandhakuti Vihara, temple bouddhiste.
Beaucoup de mendiants qui vous harcèlent à peine sorti de la voiture. Finalement, loin de moi l’intention de choquer mais l’Inde c’est aussi la misère comme ce jeune homme qui ne marche pas comme tout le monde. Ils sont malheureusement très nombreux à souffrir de diverses infirmités.
Demain matin rdv à 5h pour faire un tour en pirogue, non c’est pas ça, en gondole, non ce n’est pas ici, pardon, en barque sur le Gange pour voir les Ghats.









Passionnant, j’adore. Bravo. Rien qu’en te lisant j’ouvrais plus gros les yeux pour tenter de voir la 27 !
Que tu es gentil. Merci André.
Ici il faut moche en ce moment après une mâtiné superbe avec beaucoup de soleil!
Mais par chance le soleil sort à nouveau pour moi avec ton article JAIPUR-VARANASI.
Quelle magnifique leçon de confiance tu nous donne, toujours croire et faire le nécessaire pour que cela arrive! c’est aussi pour moi comme ça.
Pas trop quand même. Je suis avec toi.
Amitiés.
à tu lu ton email?
Merci mon Jorge de ta gentillesse.
Je ferai un colis depuis la Thaïlande avec les auto-collants. Pas de souci.
Très bon dimanche. Embrasse Susy.
La lecture quotidienne de ton journal de voyage fait vraiment parti de ces petits plaisirs qui contribuent à rendre la journée plus belle.
Ça nous manquera vraiment quand ton périple sera terminé !
Que tu es gentil mon cher Philippe. Je repartirai lorsque je serai rentré !!
Amitiés.
Quel beau voyage tu fais. C’est magnifique. Dommage que tu ne puisses être accompagné pour partager en direct tes aventures. Parfois tu dois te sentir un peu seul, non? En tous cas quel suspense, comme tes attentes d’atterrissage. Tes récits sont passionnants. Continue de nous régaler.
Take care.
JP
Salut mon Jean-Pierre,
Oui un peu de stress hier pour ma 1ere mauvaise météo. Un peu triste d’être seul et de ne pas pouvoir partager mais hier content de ne pas être accompagné et traité de fou vu les conditions.
Très bon dimanche.
Salut mon biquet,
Tu as pris des piquettes de rechange, entre les cumulus et le pétrole pour mobilette, tu dois mouiller le maillot!
Continue d être bien prudent!
Amitiés
B.
Salut mon Bernard,
Oui vol difficile hier, pour la 1ere fois. Pas de visi, obligé de faire des virages pour voir où tu vas à cause de la pluie qui tombait fort. Peur de te faire un pylône ou je ne sais quoi car par moment j’étais à 600 pieds. Content qu’ils m’aient accepté !
Très bon dimanche.
Je t’embrasse.
Passionnante cette phase d’atterrissage, en tout cas en la lisant car d’en haut,je pense que c’est un peu stressant.
Pour l’essence, j’ai également eu le droit au Maroc dans un petit village à un ravitaillement en bouteille PET d’un litre que je filtrait dans une bonne vieille paire de chaussette. J’avais pas le choix, plus d’essence et grace à cet appoint, j’avais pu rejoindre le campement. Encore aujourd’hui, j’ignore de quelle essence il s’agissait. A l’odeur c’était du sans plombs mais pour le reste, mystère.
Bonjour Laurent.
Oui un peu stress surtout avant d’être certain qu’ils m’acceptent. Je n’avais vraiment pas envie d’aller me poser ailleurs.
Je vois tout à fait ces bouteilles d’un litre qu’on trouve partout au Maroc dans les petites villes. Trop drôle !
Est-ce que vous volez ?
Amitiés.
Non malheureusement, un vieux rêve mais ce serait en hélicoptère. Pour l’instant je me contente de modèle réduit de 1m40 d’envergure. Qui sait, un jour peut-être.
Oui mais en hélicoptère c’est difficile de faire de longues distances et ça coûte une fortune. Mais déjà chouette une machine avec 1,40 m d’envergure. Bravo !
salut, 3km et 1000ft c’est encore bon pour le VFR si tu n’as pas de relief. Pas d’autre solution dans ce cas précis, radar vectoring c’est parfait. Prends soin de toi-
je consulte chaque soir ton super blog
meilleures salutations jc
Merci mon Jean-Claude. J’étais content de pouvoir poser. J’ai pensé qu’ils allaient me jeter. Ca m’aurait vraiment gavé d’aller me poser ailleurs. Je ne sais pas où d’ailleurs. Vol difficile, le premier. J’ai été très gâté jusqu’à ce jour question météo.
Très bon dimanche.
Amitiés.
Sur les trois que je connais qui sont passés en Inde, Tu es celui qui s’en sort le mieux. l’Inde n’a jamais été vraiment un pays favorable à l’aviation légère de loisir ! profites en bien.
Amitiés
Attends Thierry je ne suis pas encore dehors. Nous verrons d’ici le 23. Les Spirit boys n’ont pas eu de chance eux, les pauvres.
Amitiés.