Rangiroa – Iles Marquises.
Jeudi 30 janvier 2014.
Rangiroa – Nuku Hiva / 1059 km.
Pardonnez-moi le retard apporté à la publication de cet article et du suivant, la wifi ici aux Marquises est catastrophique. Lorsqu’on parvient par miracle à se connecter il faut compter à chaque fois plusieurs dizaines de secondes pour changer de page, c’est l’horreur !
Hier soir j’ai déposé un plan de vol pour Manihi puis Nuku Hiva.
Arrivée à l’aérodrome à 9 h. Le responsable de la tour m’informe que je ne peux pas me rendre à Manihi car l’aérodrome est fermé. J’essayerai de m’y arrêter au retour.
Je décolle en 09
dernier survol de la passe de Tiputa
puis cap sur les Marquises, le bout du voyage.
C’est toujours triste lorsqu’on arrive à la fin de quelque chose. Sauf bien sûr quand il s’agit d’une chose désagréable. Tout le contraire pour moi, ce voyage a été une des plus belles expériences de ma vie. Un grand moment, des mois extraordinaires, des rencontres merveilleuses, des gens adorables, des endroits paradisiaques, des paysages à couper le souffle, un rêve ! Vous me direz que j’ai encore tout le retour à effectuer. Certes mais je n’avance plus, je rentre. Sniff !
Je ne savais pas en partant comment j’allais vivre tous ces mois dans des chambres d’hôtels et supporter le fait de me retrouver toujours seul. Je me disais que j’en aurais peut-être assez après 2 ou 3 mois et que je ressentirais éventuellement l’envie de rentrer. Cela n’aurait pas été un déshonneur pour moi, je n’avais rien à prouver, j’avais juste envie de voir du pays. Les Marquises c’était un but mais je me réservais le droit de m’arrêter avant. Aujourd’hui j’y suis et je ressens une certaine tristesse car je n’ai pas envie de m’arrêter. Ce que je vis est tellement extraordinaire.
J’ai rencontré tant de gens fantastiques durant toutes ces semaines. Des hommes et des femmes, qui me suivent désormais sur le blog, avec lesquels j’ai noué des liens forts et que je n’oublierai jamais. De nombreuses personnes totalement inconnues se sont d’autre part manifestées en laissant des messages. J’ai eu le bonheur de les découvrir et de les apprécier. Finalement j’ai appris à bien connaître 2 personnes que je croisais de temps en temps avant mon départ au fil d’une correspondance nourrie et cela aussi me réjouit.
Tous ces échanges et ces rencontres m’ont littéralement porté et m’ont donné infiniment de courage et d’énergie.
Je saisis l’occasion de vous remercier très chaleureusement, vous tous qui me suivez jour après jour. Merci pour vos messages, merci pour votre soutien, vous êtes formidables. Une fois de retour, je vais avoir beaucoup de temps et je me réjouis d’avance de pouvoir enfin correspondre avec et rencontrer nombre d’entre vous.
Il y a eu bien sûr des moments moins drôles mais ils sont depuis longtemps oubliés.
Je monte à 9500 pieds. Il y a beaucoup de nuages dont d’énormes cumulonimbus. Je dois souvent légèrement changer de cap pour les contourner. Tahiti contrôle me demande de les appeler toutes les 30 minutes à l’aide de mon téléphone satellite. Plus je m’approche, plus le ciel devient chargé. Je contacte la tour de Nuku Hiva à 100 nautiques. Pas de réponse. Je ressaie très régulièrement, rien. Je commence ma descente à 40 minutes de ma destination profitant d’un trou dans la couche nuageuse qui est composée de plusieurs niveaux. Il s’agit de bancs de stratus. Il est possible que j’aie eu à en traverser un ou deux ?! J’aperçois la mer puis très rapidement une forme au loin : les Marquises.
Séquence émotion. Elles sont là, Nuku Hiva est en vue. J’ai de la peine à le croire, à réaliser. C’était un rêve, un projet un peu fou, c’est à cet instant la réalité, l’aboutissement. Près de 250 heures de vol, 40’000 km parcourus. Que d’étendues traversées, que d’eau survolée !
Ce n’est qu’à 35 nautiques que je perçois finalement une voix très hachée. Cinq minutes plus tard, la conversation est audible. La 06 est en service. Je fais une longue finale.
Il y a une vallée d’environ 50 mètres de large et de profond perpendiculaire à la piste. Cela fait une drôle d’impression d’avoir ce trou béant juste en seuil de piste. Je m’aligne, le vent souffle à 15 noeuds, très légèrement de travers, de 20° droite. Train sorti, 2 crans de volets, 100 km/h, je me pose. 1/2 seconde plus tard, mon aile gauche se soulève et ma machine part presque en embardée. Le manche bien en main, je corrige immédiatement, me remets dans l’axe et repose la machine au sol. Je pense avoir été victime d’une rafale. Que nenni ! La piste est un véritable champ de bosses, je saute comme un mouton la main sur le frein que j’essaie de doser le plus délicatement possible. La vitesse diminue, les sauts se calment, je peux rouler vers le parking.
4h40 de vol.
Une heure quinze pour obtenir un taxi. Je vais comprendre très rapidement pourquoi. Il vient de l’autre côté de l’île là où la plupart des habitations sont regroupées.
J’ai alors ma première surprise. Nous nous engageons sur une route sinueuse qui va nous amener à 1150 mètres d’altitude.
Des milliers de pins donnent un air de montagne à l’ensemble, la végétation est incroyablement luxuriante. Je n’en reviens pas, je n’avais pas imaginé les Marquises ainsi une seule seconde.
Il y a un seul hôtel sur l’île qui compte 3000 habitants.










sympa les marquises. ça ressemble un peu a la réunion.
Merci de nous avoir fait partager cette sublime aventure. certains l’aurait garder pour eux.
(peut être moi le premier d’ailleurs)
Bon il y a tout le retour. ça va être très bien aussi.
Un grand BRAVO, Eric ! C’est magique ce que vous avez fait. Je n’aime pas les fins non plus et ce que vous avez écrit est exactement ce que j’ai ressenti quand nous avons quitté la NC.
Mais pour vous, ce n’est que la fin d’une merveilleuse aventure, et le début d’autres !
Chaud le landing…
Profitez-en pour prendre des forces. Les paysages des Marquises diffèrent des îles précédentes. Merci de nous avoir fait découvrir/redécouvrir tous ces endroits magnifiques et ce n’est pas fini
Bises,
Sophie
Je vous lis depuis des mois tous les jours, sans n avoir jamais posté un message.
Je suis en train de passer mon brevet ULM, et vous lire en plus du coté aviation est un régal et j ai l impression de voyager un peu avec vous.
Un grand bravo donc et continuez (vers l est ;-)) à partager avec nous cette fantastique aventure.
Dans quelques mois je me permettrai d aller vous serrer la main lors de votre dernière etape à Bellegarde.
Profitez et volé prudemment.
Bonjour, Éric
Je crois que je suis (presque) aussi ému que toi.
Un rêve réalisé. Superbement.
Merci pour tes récits qui nous l’ont fait vivre au fur et à mesure.
Amitiés,
Philippe
Permettez moi de vous dire : »Bravo l’Artiste ». Vous venez de réaliser une performance extraordinaire avec un ULM, seul aux commandes. Vous nous avez fait rêver par vos commentaires et documents photos, vidéos. Vos comptes rendus nous ont fait partager vos joies, vos soucis, vos moments de doute quand les conditions de vie étaient difficiles. Prenez le temps de « digérer » ces moments, profitez des Marquises et rentrez ensuite pour nous relater votre retour.
Bien le bonjour à toi Eric, à l’approche de l’accomplissement de ton voyage aller, je me devais d’honorer ton blog avec ces quelques lignes afin de te féliciter à nouveau pour ton magnifique parcours depuis ton départ de l’Hexagone.
Certes discret, je lis régulièrement avec grand plaisir l’avancé de ta progression, chaque chapitre que tu nous décris a son caractère unique et nous permet quasiment de faire partir de l’aventure. Merci de parvenir à transmettre celà!
Reste à te souhaiter un repos mérité une fois arrivé à bon port avant de prendre la route du retour, et si ton compas venait à faillir au point que tu doives te dérouter à nouveau en Nouvelle Zélande, tu es toujours le bienvenu ici
Kia pai te haere.
Bravo Éric,
Quel plaisir de savoir que tu as atteint ton but !
Vraiment merci pour nous avoir permis de te suivre quotidiennement. Lecture toujours passionnante et jamais ennuyeuse.
Bonjour Éric
Nous suivons ton formidable périple en WT9 depuis décembre.
Nous vivons tes différentes étapes avec toi, que de belles images, difficile de voir des paysages plus beaux que ceux que tu nous envoies. Super
Bon courage pour le retour et surtout refais-toi une grosse santé avant de repartir.
Profite bien de ces excellents moments que tout pilote peut rêver de faire.
JC
Vivre ses rêves, quel plaisir cela doit-il procurer!
Bravo Éric, et merci de nous faire vivre l’un des tiens!
En toute amitié.
bonjour, super pilote t’a vraiment un coeur gros comme ça pour faire un trip si important sans avoir les connaissances des pilotes professionnels. UN SEUL MOT BRAAAAAVOOOOO
amitiés jc
BRAVO!
Merci pour partager ce voyage avec nous, nous l’avons vécu comme le notre, nous sommes pleins d’émotion et de joie.
Nous serons avec toi dans ton retour.
Amitiés jorge et susana
(ps: susana à donné son premier pas DE BOUT cette semaine!!!)