Port Moresby – Biak.
Jeudi 6 mars 2014.
Port Moresby – Biak / 1610 km.
Hier soir je prends l’ascenseur pour me rendre au restaurant du 7e étage. Un homme s’y trouve, me demande à quel étage je souhaite aller. Je lui réponds et lui demande d’où il vient. De Nouvelle Zélande. Je lui dis qu’il vit dans un pays extraordinaire que j’ai eu la chance de survoler en petit avion. Il me répond qu’il est lui-même fabricant d’avions basé à Hamilton. Sa société s’appelle Aerospace. Du coup nous dînons ensemble. Il me parle de son usine, de ses bébés et me raconte combien il faut être patient pour vendre un avion dont le prix avoisine les 1.800.000 US$. Les négociations durent parfois 4 – 5 ans. Un homme très sympa, une très chouette soirée !
Reveillé tôt. Je prends mon petit déjeuner avec Christian. Il rentre aujourd’hui en Suisse via Singapour et Dubai. Nous allons nous revoir afin que je puisse faire un vol dans son Cirrus, l’avion de mes rêves. Pour cela il faudrait que je passe mon PPL, surtout la théorie !! Un autre monde.
A 8h30 je suis au Ministère des Transports situé juste à côté de mon hôtel. Mon interlocuteur est absolument charmant. Il me dit qu’il n’y a aucun problème, qu’il va me faire une autorisation pour quitter le territoire et il me remercie d’avoir eu l’amabilité de le contacter. Je ne sais pas s’il a reçu un appel d’en haut mais je suis ravi de la tournure des événements et le remercie chaleureusement de son aimable collaboration. Il me prie de transmettre ses coordonnées à mon routeur à Londres afin que dorénavant il le contacte car c’est lui qui fournit les autorisations de survol et d’atterrissages pour la PNG. Il me ramène avec sa voiture personnelle à mon hôtel situé à 200 mètres. Sécurité oblige.
Je récupère mes affaires et pars pour l’aéroport. Dépôt de plan de vol, formalités de départ, je reçois une nouvelle General Declaration puis on m’amène à l’avion. Je contacte la tour, mets en route, roule pour le point d’arrêt, m’aligne en 32 L. Décollage, je monte à 2500 pieds. Le contrôle me demande de prendre un cap de 30° à gauche de ma route directe. Je n’ai pas envie de faire des détours. J’explique que j’ai une longue distance à parcourir et que j’aimerais beaucoup faire au plus court. Du coup, on me demande de rester à 3000 pieds afin d’assurer la séparation avec un appareil en approche qui lui doit rester à 4000 pieds. Je remercie.
Je dois traverser la couche pour atteindre mon altitude de croisière. C’est très calme, je fais la montée sous pilote automatique. C’est couvert au-dessus, par moment c’est couvert dessous et par moment je suis dedans mais c’est calme. Je survole des étendues gigantesques de forêts où il n’y a rien. Pas une route, pas un village, c’est impressionnant.
Les nuages montent de plus en plus haut.
J’ai une chaîne de hautes montagnes sur ma droite que je dois impérativement passer pour arriver à destination. Je vois sur mon GPS une vallée qui la traverse. Je décide de me lancer. Il y a énormément de nuages, je me fais taper. Ca monte, ça descend, je finis par passer, je suis sur la côte nord. Je n’ose pas monter trop haut car un de mes jerricans est tendu comme une outre qui va exploser et celui de dessous fuit, ça pue l’essence (pardonnez-moi, il n’y a pas d’autre mot) depuis le début du vol dans le cockpit.
Mon magnifique siège est tout mouillé, je le mettrai à la poubelle aussitôt arrivé à Biak et en recommanderai un chez Aerospool.
J’appelle toutes les heures avec mon téléphone satellite afin de donner ma position et de confirmer que tout va bien.
Je n’ai pas survolé un seul village durant ces 1500 km. Il n’y avait que de la forêt, encore de la forêt, toujours de la forêt. Parfois des rivières.
Je me demandais d’ailleurs où je préfèrerais tomber en panne au cas ou ? Sur l’océan ou sur la forêt. J’hésite encore sur la réponse !
A 150 km de Biak je réussis à rentrer en contact avec eux. La descente est difficile. Je dois slalomer entre les nuages, changer sans cesse de direction en fonction des trous. Finalement je passe dessous où il fait très sombre.
Longue finale 29. Cela aura été un vol difficile, peut-être le plus difficile que j’aie jamais fait. Et je ne parle pas de cette odeur d’essence qui m’a donné des maux de tête.
7h40 de vol, mon plus long à ce jour !!
On me demande mes documents. Il n’y a pas de douane, ni d’immigration et soi-disant personne n’a les numéros pour les appeler. On me dit que j’ai besoin d’un handling agent. Je réponds que je n’en ai pas besoin. Il arrive et me fait traverser la route vers mon hôtel qui est juste en face de l’aéroport.
J’ai perdu une heure. Plus que 8 heures de décalage avec l’Europe.
Demain je continue sur Manado.





Un vol difficile??? c’est quoi ?
une sorte de canyoning dans le brouillard?
tu dis ca parce que tu es fumeur et que 7 h40 sans fumer c’est dur. t’aurais pu quand même t’autoriser de griller une petite ! c’est pas des vapeurs qui vont te faire peur.
bon sinon je vois que tu es très prudent et ca me rassure.
cet été faudra qu’on revoit les fondamentaux surtout moi…
comme dit mon ami controleur:
100% des vols finissent au sol, fly safe.
Bravo Eric ! 1500km, avec cette odeur , je t’admire, tout simplement.
Contente de te savoir à bon port et non en train de jouer à « forêt ou océan » , …
Je t’embrasse.
salut, je ne dis rien de plus tu ne peux pas tirer le frein à main dans cette vallée. jerrican il faut une mise à l’air pour compenser la pression fait très attention avec ces vapeurs et ton tel satellite. tu snif à la sans plomb, c’est nouveau et moins cher mais pas meilleur pour ton cerveau. svp j’aimerai te revoir à Bellegarde prends moins de risques. amitiés jc
RMK CIRRUS oui super modèle de base pas plus rapide que ton suppositoire mais bouffe 3 fois plus prix horaire 400-500!! version turbo je pense 70 litres si le turbo lache tu vas au tapis dixit un exemple ce dernier mois à Bellegarde, on reparle de tout cela à ton retour. tu pourras toujours voler un avion mais pour des longs trip ce sera en IFR
et d’autres problèmes
Tu vois, Éric, quand on dit qu’il faut rester Zen, ce n’est Papou rien !
All’s well that ends well, alors, comme disait l’ami William. Mais attention à l’overdose de 100LL !
Tiens, à propos, tu as le bonjour de Félix (1)
Tyb
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(1) Félix Hoffman, qui a inventé l’aspirine il y a exactement 115 ans aujourd’hui (le 6 mars 1899). Extra, la coïncidence, non ?
Les odeurs d’essence et le mauvais temps me rappellent un survol épique au dessus de la forêt primaire de Côte d’Ivoire. En plus du carburant j’avais embarqué 50 m de corde en cas d’atterrissage forcé au sommet des arbres gigantesques, car dans ce cas il faut bien pouvoir redescendre.
Devant moi le plafond s’approchait dangereusement du sommet de la forêt et derrière tout s’était brusquement refermé interdisant tout retour. Décision immédiate, trimer en pente de montée, plein petit pas et gaz en conséquence. Je suivais la progression en aveugle avec l’horizon artificiel.
Il y a eu une ou 2 minutes, très longues où je souhaitais ardemment qu’une dernière colline ne vienne pas contrarier ma route vers la côte très proche, et que je savais dégagée de toute perturbation.
Et puis brusquement la sortie des nuages, la clarté qui explose , le calme impressionnant , derrière, la ligne de nuages soudés qui n’ont pas l’air d’être très méchants et un atterrissage impeccable sur une petite piste, avec à proximité un village de pécheur.
Les langoustes grillées n’ont jamais été meilleures que ce soir là !
Voilà mon cher Eric je n’ai pas résisté à raconter ma petite histoire, qui je l’espère t’aura amusée, ce qui est peu de chose au regard de l’ incroyable feuilleton de tes aventures journalières qui font notre bonheur.
Reste prudent.
Bien amicalement.
Patrick
Heureusement que quand on lit l’article on sait que tu es bien posé.
Les nuages ça peut être rigolo mais je n’aime pas l’essence qui coule, pas du tout…
Amitiés
Philippe
Maintenant que tu es posé, tu connais enfin la paix des sens ! (n’importe quoi, je sais, mais ça fait du bien de le dire)
Ouf
Je respire
Ouf
Me fais plus jamais ça …..
Bravo pour la diplomatie et ta manière de te tirer des « embûches ».
Par contre je n’écrirai plus « Fly safe », c’est visiblement vraiment pas ton moteur 😉
@+
Marc B
Susy adore l’odeur à essence …
ce pas bon pour la tête! Et surtout pendent + de 7hs ¨ !
merci pour l’aventure et bravo pour la manière de te sortir zen de toutes ces tracasseries.
Amitiés de nous 2
Merci d’être resté prudent ! rien ne te presse tu ne fais pas une course donc l’important c’est d’arriver ! et cela doit rester ton Target !
bise