Hué – Hanoï.
Vendredi 28 mars 2014.
Hué – Hanoï / 572 km.
Il y a un brouillard à couper au couteau ce matin lorsque je me réveille. La météo annonce qu’Hanoï est IFR mais que ça doit s’améliorer en milieu de journée. En route pour l’aéroport, je remplis 3 réservoirs souples à une station d’essence. Je pense les mélanger avec de l’Avgas. J’ai demandé à mon handling agent d’organiser le refueling pour ce matin à 8h30. En fait il n’a rien compris et il n’y a tout simplement pas d’Avgas disponible sur cette plateforme. Heureusement l’essence est de la bonne 95 RON à 0.8 € le litre et j’en ai largement assez pour rallier Hanoï.
J’ai oublié de vous dire qu’à mon arrivée ici, on avait fait venir sur le tarmac, rien que pour moi, un magnifique camion à l’intérieur duquel j’avais dû faire passer tous mes bagages y compris mes réservoirs souples. Aujourd’hui pour ma sortie de scène, j’ai droit à la totale et devant mon public. Le camion se trouve à l’extérieur de l’enceinte et c’est le grand jeu. Il y a là un berger allemand tout excité, je ne sais pas si c’est pour me sauter dessus qu’on l’a amené ou pour sentir de la drogue. Pas moins de 12 officiels en uniforme sont sur place et la foule grossit à vue d’oeil. Un étranger va se faire embastiller !! Je réfléchis rapidement et me demande si on aurait pu introduire quelque chose dans mes bagages. A première vue non. Les bagages passent, mon gros sac est bloqué de longues secondes au milieu puis finit par ressortir. On me signifie de poser mes affaires par terre. Le chien bondit littéralement, en fait le tour complètement hystérique, fait ensuite mine de me sauter dessus mais est retenu à la dernière seconde par son maître. Un grand moment de bonheur. Fin de la représentation, la foule est déçue, il n’y a pas eu de sang.
Nous rentrons dans le terminal où je dois à nouveau passer toutes mes affaires aux rayons puis deux charmants messieurs en costume gris de la grande époque et gais comme des pinsons m’amènent à ma machine dans la Volga de service (comme dans les films). Je vide mes réservoirs souples et fais mes contrôles. Mon handling agent me donne la douloureuse. Il y a en a pour 1000 US$. Une liste de 10 positions en vietnamien, la seule en anglais concerne 2 x 50 $ pour le Follow me car. Je m’insurge contre le prix exorbitant et explique que je vais décoller en 27, que le point d’arrêt de la 27 se trouve juste derrière moi et que je n’aurai pas besoin du Follow me car. Je lui dis en outre que je n’ai jamais payé pour un Follow me car et que je trouve cela scandaleux sachant qu’il n’y a qu’une piste et qu’un seul taxi way pour rejoindre le tarmac. C’est vraiment prendre les gens pour des pigeons ! Je l’informe que je veux une facture officielle originale en anglais pour chaque point s’il souhaite que je le paie. Qu’il m’envoie tout cela par mail.
J’ai la visite de 2 charmantes hôtesses. Le Vietnam est un des derniers pays communistes au monde avec la Chine, Cuba, le Laos et bien sûr la Corée du Nord. On aime donc beaucoup le rouge !!
Je m’installe, appelle la tour et demande l’autorisation de mettre en route. Accordé. 5 minutes plus tard alors que le vent est plein travers pour 20 noeuds et qu’un Airbus vient de décoller en 09, je demande à décoller en 27. Accordé, suivez le follow me car. J’explique que le point d’arrêt étant juste derrière je pense être capable de m’y rendre seul. Il me prie d’attendre un instant puis revient en ligne pour me dire que c’est obligatoire. J’ai envie de répondre que l’Airbus qui vient de décoller s’est rendu au point d’arrêt de la 09 sans Follow me car mais je m’abstiens.
On m’impose le niveau 90 et on m’appelle toutes les 5 minutes pour me demander à quelle altitude je suis, dans combien de temps je serai au point HAMIN, XONUS puis HATIN. Lourd, très lourd !! Ce sera comme ça durant tout le vol. Donner des estimées pour des points, rappeler vertical et recommencer.
Ils ne me lâchent pas car je dois vous avouer que je n’ai pas fait tout juste en arrivant à Hué depuis Manille. En fait mon autorisation de survol et d’atterrissage comportait une route à suivre et je n’ai pas du tout regardé ça dans le détail. J’ai vu que j’avais l’autorisation, ok, je n’ai pas lu, ni regardé davantage. J’ai donc déposé un plan de vol aux Philippines avec une route directe alors que les Vietnamiens voulaient me faire faire un énorme détour par le sud. Mon handling agent m’a signifié que l’aviation civile n’était pas contente que je n’aie pas suivi la route imposée. Je suis très triste pour eux !!
Je monte à 9000 pieds en admirant au passage les cultures en bord de mer.
Je fais tout le vol dans une légère brume. Plus haut le ciel est bleu mais je ne suis juste pas au-dessus de la couche. Je demande à monter de 1000 pieds. Refusé. C’est vrai qu’il doit y avoir des centaines d’avion à cette altitude !
A 30 minutes de l’arrivée, je demande à commencer lentement ma descente. Refusé. L’approche m’appelle 4 minutes plus tard pour me demander de changer de cap, 14° à gauche, même altitude. A 18 minutes on me demande de descendre à 7000 pieds, cap toujours au 320. Je suis dans la couche. Aucune visi. J’entends l’approche qui donne les instructions de descente aux autres avions puis qui les met en contact avec la tour pour l’atterrissage. J’ai 80 km/h de vent de face. On me demande de tourner à droite au 350, puis de descendre à 3000 pieds. Je suis en base main droite et dois descendre à plus de 1000 pieds/minute pour ne pas arriver 10 fois trop haut en seuil de piste. C’est à chaque fois la même chose, à croire que les contrôleurs le font exprès (pardon Patrick !). On me fait prendre un cap au 40 et on me demande si j’ai la piste en vue. Négatif je suis toujours dans les nuages. Aucune tubulence heureusement. Ce n’est qu’à 1300 pieds/sol que j’aperçois la terre. J’essaie de me repérer par rapport à mon Garmin sur lequel je suis l’axe de piste. Elle est devant moi légèrement sur la gauche, toute éclairée. J’avertis le contrôle qui me demande de passer avec la tour. Foxtrot Kilo Echo autorisé à l’atterrissage piste 11 droite. Je collationne le message. J’entends la contrôleuse qui demande à un avion D’Asiana de s’arrêter au point d’arrêt car il y a un avion en finale. Je passe à la hauteur de la cabine de pilotage d’un énorme 747 cargo qui me regarde poser. J’ai presque envie de saluer les pilotes mais je dois me concentrer un peu alors je m’abstiens.
On me fait sortir sur un parking en face du terminal international. Je dois laisser passer un avion qui décolle en 11 gauche.
2h40 de vol.
Mon handling agent est là. Les bureaux sont ici à Hanoï. Il m’amène à l’hôtel.
Je lui dis que je suis déçu de n’avoir pas reçu l’autorisation de me poser à Halong, ni même celle de survoler la baie. Dans tous les cas je ne pense pas qu’il y faisait beau aujourd’hui.
Je lui dis que j’aimerais m’y rendre en voiture. Il m’organise ça en 3 minutes. 4 heures jusqu’à la baie, 4 heures de speed boat puis 4 heures pour rentrer. Je vais probablement m’y rendre dimanche car demain ils annoncent de la brume.
Le Vietnam c’est le pays de la moto (image à la une). Tout le monde en a une et on va parfois jusqu’à 5 dessus. Il y en a des milliers dans les rues qui se croisent dans tous les sens, c’est vraiment impressionnant.




Tu vas pouvoir écrire un livre en rentrant
j’aime ta façon de raconter
bise
Bonjour Eric,
Pas cool dans ces conditions ! Le chien-loup c’est la cerise sur la gâteau… Heureusement qu’il y avait les jolies hôtesses en rouge 😉
J’espère la suite sera moins contraignante !
Bonne visite et bises,
Sophie xoxo
L’idée du livre que tu pourrais écrire est sympa mais je ne te vois pas te poser pour ça. En tout cas pas encore…. Il faut un sang froid énorme pour vivre toutes ces aventures sereinement. Merci pour ce beau feuilleton : en plus le héros nous est cher…
Bisous
isa et Gege
Bonjour, Éric,
À nous Hanoï ! Nous allons en baie d’Halong (en pédalo ?) rencontrer des speed-boat people, alors ?
On attend tes photos à moto !
Tyb
bonjour, pas cool le pays pour l’aviation légère. je maintiens ce que j’ai dis précédemment au sujet des pays que je visite et au niveau facturation. profite bien de tes superbes paysages. je confirme tu as un gros coeur pour arriver dans ces conditions. Peux être feras-tu une halte en thaïlande pour te ressourcer avant de poser au Bengladesh. amitiés jc
Oh! Mon beau pigeon, que tu roucoules bien. On a l’impression d’être à tes côtés, mais avec en plus des idées de meurtre !
He oui une photo en moto ou pédalo serait pas mal !
très bon, comme si on y était !
Amitiés
jorge
Je vois que tu a pensé a prendre ce remède miraculeux, « la vaseline » qui permet de garder le sourire même les lèvres gercés, par la douloureuse! tiens, dans « miraculeux » , il y a ….
en rentrant tu pourras dire :
my name is you, guy you.
pour changer de sujet tu as combien d’heure moteur sur ton tracteur?
L’aviation légère n’est pas très appréciée sur les grands aéroports internationaux, mais en France il ne serait pas possible de se poser sur les aéroports d’Orly ou Roissy et certaines plateformes plus petites sont même interdites aux ULM. Mais les contrôleurs aériens Français n’imposerait pas des FL pour se retrouver en IFR en ULM.
Alors il faut savoir apprécier ces moments mais l’accueil avec le Berger Allemand n’est pas cool, et en plus la note est exorbitante. Ce n’est pas un pays qui donne envie de revenir.
Merci pour la bonne leçon de ténacité et de courage que tu nous offre depuis ton départ.
Fini le calme et les magnifiques teintes de bleu des îles Marquises
On imagine avec cette photo le bruit infernal et la pollution extrême dégagée par ces véhicules 2 roues. Tout le monde n’a pas la même sensibilisation pour protéger la planète.
Bon courage et sois prudent
À bientôt
JC
Les pilotes du 747 cargo ont du être jaloux quand ils ont vu le Dynamique se poser.